Sahbi Ben Fraj : « Ce système politique n’a pas de règles strictes »

Sahbi Ben Fraj

Les démissions se succèdent au sein de Tahya Tounes. C’est comme s’il y a une impression de déjà-vu avec Nidaa Tounes. Sahbi Ben Fraj, ancien député à l’ARP, ayant  été un des membres fondateurs de Tahya Tounes nous livre son évaluation de ce parti.

Sahbi Ben Fraj souligne: « Ce qui s’est passé à Tahya Tounes est regrettable. Quand on a décidé de fonder le parti, c’était avec l’idée de former un parti  qui dure et qui réforme. Il faut dire qu’il a été officiellement fondé en 2019, mais le processus de formation de Tahya Tounes a commencé en août  2018 avec la création d’un bloc parlementaire. A savoir, la Coalition nationale. « 

Et de poursuivre: « Les principaux pionniers sont Youssef Chahed et les députés de l’époque qui voulaient être une force politique face à Ennahdha. De plus, nous étions à quelques mois des élections.  Or malheureusement le processus de formation a été réellement un échec. D’ailleurs, plusieurs fondateurs ont quitté le parti. Et c’est dans la logique des choses. La nature a horreur du vide, les 14 députés de Tahya Tounes qui se sont présentés aux législatives, une dizaine d’entre eux n’ont rien à  voir avec le consensus de la création du parti. La preuve, beaucoup d’entre eux ont quitté ». 

Et d’ajouter:  » Ils ont cru à ce parti. Ils ont été écartés dès le premier mois de sa constitution. Ce qui fait que le parti est devenu sans âme. Or les problèmes de Tahya Tounes sont les mêmes que ceux de Nidaa Tounes ou de la gauche. A l’exception d’Ennahdha qui a su se restructurer depuis 2011. Voire bien avant ». 

Changer la donne

Selon lui, le constat est clair: cette famille progressiste centriste n’arrive pas à constituer un parti viable et qui perdure. Ce qui  pose un problème fondamental.  Que faut-il faire pour changer cette donne? 

A cette interrogation, Sahbi Ben Fraj  a répondu : « Ce système politique n’a pas de règles strictes pour la formation d’un parti. Aujourd’hui, il faut changer les règles. Pour commencer, il faut  mettre en place  un contrôle sur le financement des partis politiques. Il faut mettre un terme à l’opportunisme. Cette classe politique sera mature quand on entendra des discours cohérents. Je pense que dans les prochains mois et les années à venir, il y aura certainement une famille centriste qui sera le noyau dur du paysage politique. Cela dit, le plus important aujourd’hui, il faut que l’Etat subventionne les partis politiques qui respectent les lois et qu’il sanctionne ceux qui les transgressent. Autrement dit, il faut un pouvoir de régulation ».

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