« Israélification » de la police américaine

Police USA

Le monde est encore sous le choc après l’assassinat par strangulation de George Floyd par un flic de Minneapolis dans l’Etat du Minnesota. Des millions ont défilé dans les rues des villes américaines, australiennes, britanniques, françaises, allemandes etc.

Pourtant, cette réaction planétaire contre le racisme de la police américaine, n’a pas empêché les flics d’Atlanta de tuer par balles un autre Afro-américain juste deux ou trois jours après l’enterrement de George Floyd.

Tout le monde sait, et ce sont les chiffres et les statistiques qui parlent, que la police américaine est l’une des plus racistes au monde. Les flics d’Amérique, dans quelque Etats qu’ils servent, ont la gâchette plus facile et les accusations plus sommaires quand ils se trouvent face à un Afro-Américain ou un brun latino-américain que face à un Blanc de descendance irlandaise ou germanique.

Mais le racisme n’explique pas à lui seul l’agressivité débridée des flics américains et leur propension à appuyer sur la gâchette à la manière de Lucky Luke. Une enquête menée par le journaliste américain Max Blumenhal nous éclaire un peu mieux sur les raisons qui font que les interventions de la police américaine se traduisent assez fréquemment par mort d’homme.

Blumenthal nous informe que « 100 membres des 800 agents de police de Minneapolis ont suivi un stage de formation en Israël en 2012. Cela signifie qu’au moins un membre sur huit des forces de la ville a été influencé par les méthodes policières en vigueur dans une entité pratiquant la politique d’apartheid. »

Stages de formation en Israël

Rappelez-vous « Occupy Wall Street », ce mouvement de contestation pacifique qui organisait des sit-in dans le cœur de la Finance new yorkaise pour dénoncer les abus du capitalisme sauvage. D’après Max Blumenthal, ce mouvement a été éradiqué grâce aux méthodes de répression enseignées par les flics israéliens à leurs homologues américains. Ces mêmes méthodes qu’utilisent les forces d’occupation israéliennes contre la population occupée.

Les policiers américains qui ont suivi des stages de formation en Israël ne tarissent pas d’éloges envers leurs formateurs. « Israël est le Harvard de l’antiterrorisme », a déclaré l’ancien chef de la police en charge de la sécurité du Congrès, Terrance W. Gainer.

De son côté, Cathy Lanier, chef de la police métropolitaine de Washington DC, n’hésite pas à dire: « Aucune expérience de ma vie n’a eu autant d’impact sur mon travail que mon séjour en Israël. Pendant le stage de formation que j’ai suivi là-bas, j’ai pris 82 pages de notes. Elles m’ont servi plus tard quand j’ai décidé de créer le bureau de l’anti- terrorisme dans le département de la police métropolitaine de Washington. »

Avi Dichter est l’ancien chef du Shin Beth, le service de sécurité intérieure d’Israël. Il est connu pour ses méthodes de torture inhumaine des militants palestiniens. Il est connu aussi pour sa planification des « assassinats ciblés » d’activistes palestiniens, répétant avec un rictus hargneux après chaque assassinat : « Au suivant ». Avi Dichter est connu également pour les carnages commis sous ses ordres d’hommes, de femmes et d’enfants palestiniens lors de la seconde intifadha. En effet, c’est Dichter en personne qui avait alors ordonné le bombardement indiscriminé de zones densément peuplées à Gaza.

Et c’est ce criminel qui a été invité aux Etats-Unis pour donner une conférence devant 10.000 officiers de police !!! Il a expliqué doctement aux milliers de policiers venus l’écouter qu’ « il y a une relation intime entre la lutte contre la criminalité et la lutte contre le terrorisme. En fait, vous êtes en train de lutter contre des crimiterroristes

Un rôle si discret, si secret…

On sait qu’Israël est un élément déterminant dans la conception et la mise en œuvre de la politique étrangère américaine au Moyen-Orient et dans le Golfe. On sait que ce pays a joué un rôle clé dans les coulisses concernant la décision d’envahir l’Irak, pour ne citer que ce désastre de grande magnitude de la politique étrangère de Washington. Mais ce rôle est si discret et secret que peu d’Américains en sont informés.

Peu d’Américains sont informés aussi du rôle joué par Israël dans la formation de leur police aux techniques utilisées par un Etat occupant contre une population désarmée. Sans aucun doute ces techniques ont-elles aidé peu ou prou à l’éradication du mouvement « Occupy Wall Street ».  Sans doute les stages de formation en Israël ont-ils contribué à accroître la méfiance, la suspicion et l’agressivité des policiers américains contre les citoyens.

Combien de citoyens noirs ont été victimes des techniques policières  apprises par les flics de New York, de Minneapolis ou d’Atlanta dans des stages à Tel-Aviv ? Combien de flics blancs ne voient dans les Noirs ou les Latinos que « crimiterroristes » en puissance comme le leur a enseigné Dichter, l’ancien patron du Shin Beth israélien ?

Nul n’ignore, sauf les citoyens américains, que le service « Moyen-Orient » au Département d’Etat à Washington est géré depuis Tel-Aviv sous l’étroit contrôle des lobbies pro-israéliens.

On vient de découvrir avec étonnement qu’Israël a aussi  son mot à dire au Ministère de l’Intérieur à Washington et aux départements de sécurité des cinquante Etats de la fédération américaine…

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