Droit international ou loi de la jungle

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Des scènes d’enfants palestiniens maltraités, blessés, abattus par la soldatesque sioniste se suivent à un rythme infernal. Ces actes restent évidemment impunis par une « communauté internationale » sans conscience ni cœur face à des crimes commis contre le peuple palestinien.

Le silence est quasi total dans les médias du « monde libre » ! Un silence complice. Leur tolérance face à la misère humaine et aux injustices assenées aux autres est infinie. Leur sensibilité à fleur de peau ne se manifeste qu’à la carte. Pire encore, le 20 février 2020, le gouvernement de Donald Trump publia sa propre version de la déclaration Balfour, intitulée « l’accord du siècle » !

Pourtant, Israël est une colonie de peuplement. Sa conduite en tant qu’entité occupante démontre clairement que le colonialisme à l’état brut n’est pas mort. Le sinistre spectacle d’un peuple qu’on décime à petit feu se produit inexorablement à l’ère du démantèlement des empires coloniaux. Pourtant, la cause palestinienne n’est pas une cause pour les Palestiniens seulement, mais une cause pour chaque être humain qui se respecte, où qu’il se trouve. La nature coloniale du sionisme est évoquée même par les opposants juifs au sionisme.

Rappelons-nous le numéro des « Temps modernes » consacré au conflit israélo-arabe, paru en juillet 1967. L’article de Maxime Rodinson était sans doute celui qui fit le plus grand bruit : c’était un Juif français qui rompait les rangs et posait une question taboue : « Israël, fait colonial ? » (Les Temps modernes, vol. 22, n° 253, 1967, p. 17-88).

« La cause palestinienne n’est pas une cause pour les Palestiniens seulement, mais une cause pour chaque être humain qui se respecte, où qu’il se trouve »

Depuis, d’autres intellectuels et écrivains ont dénoncé l’entreprise d’expansion et de colonisation. Israël Shahak avait analysé non seulement l’abominable politique d’Israël, mais le Talmud lui-même et l’influence de toute la tradition rabbinique sur une entité, que la droite religieuse s’entête à transformer en une théocratie réservée aux seuls Juifs (Le Racisme de l’État d’Israël – Editions Guy Authier 1975).

Plus récemment, 127 universitaires et intellectuels juifs, d’Israël et d’ailleurs, se sont opposés à un projet de résolution de l’Assemblée nationale française qui allait débattre et voter une proposition sur la lutte contre l’antisémitisme, associant l’antisionisme à l’antisémitisme (décembre 2019)…

La cause palestinienne est un cas flagrant qui démontre que le droit international est devenu une sorte de chimère. La grande majorité des résolutions des Nations unies relatives aux droits des Palestiniens ont été adoptées par l’Assemblée générale, et non par le Conseil de sécurité, où les États-Unis d’Amérique sont l’un des cinq pays disposant du droit de veto. Et ils sont toujours prêts à saborder toute tentative de faire respecter les différentes résolutions. Ainsi, nous assistons à une déstructuration croissante du droit international général et du droit fondé sur la Charte.

La pratique courante indique un mépris de plus en plus accentué à l’égard du droit international. Sur ce sujet et sur bien d’autres, elle  sape tout le cadre institutionnel de l’ONU, les principes et les règles de base contenus dans sa Charte. Le Conseil de sécurité a donc une grande part de responsabilité dans le processus de dégradation générale du droit international.

« Nous assistons à une déstructuration croissante du droit international général et du droit fondé sur la Charte »

Oubliant la règle de la non-intervention dans les affaires intérieures des États, les principes d’égalité souveraine et d’indépendance des États, la règle concernant le non-recours à la force,  les États-Unis et certains de leurs alliés, de par leurs agissements procèdent à la neutralisation de la coopération internationale, le règlement pacifique des différends, la paix et la sécurité internationales.

Les exemples sont légion. Deux mois après le déclenchement de la guerre contre l’Irak sans son autorisation, le Conseil de sécurité avait donné une légitimité à l’agression menée contre ce pays souverain.

A travers ladite résolution, le Conseil de sécurité a confié aux États-Unis « la reconstruction de l’Irak » – alors qu’ils en étaient ses dévastateurs  et l’organisation, avec l’appui de l’ONU, d’un prétendu processus politique devant mener à des élections et à la formation d’un gouvernement « démocratique ».

Les nouveaux croisés de la démocratie se dispenseront évidemment de toute comptabilité macabre de leurs déprédations. Au lieu de condamner fermement la violation flagrante de la Charte de l’ONU, le Conseil de sécurité n’avait fait en réalité qu’entériner la prise de contrôle de l’Irak par la « puissance occupante » dénommée « l’Autorité ».

Les nouveaux croisés de la démocratie se dispenseront évidemment de toute comptabilité macabre de leurs déprédations

Refuser la Cour pénale internationale pour soi-même et sa soldatesque soupçonnée de crimes n’empêche pas de lui trouver effrontément des vertus chez les autres. Sans parler, bien sûr, des « deux poids, deux mesures » qui caractérisent l’attitude de ces pays qui paradoxalement ne jurent que par la démocratie et les droits de l’Homme : leurs violations présumées sont condamnées en Syrie, tandis qu’elles sont absoutes de facto en Palestine, alors qu’elles sont incontestables. Situation d’autant plus paradoxale que la politique israélienne bafoue à la fois le droit humanitaire et le droit international.

Il faudra bien qu’un jour les membres du Conseil de sécurité de l’ONU soldent les comptes de cette mystification macabre et cessent de baigner dans la métaphysique.

Il y a des révisions fondamentales à opérer dans le cadre du droit international général, de la Charte des Nations unies et des obligations concernant la protection internationale des droits humains, qui doit comporter des mécanismes de contrôle, de suivi, d’évaluation et de sanction adéquats pour que cessent les graves injustices commises contre des peuples et en premier le peuple palestinien.

Cette aspiration n’est pas insaisissable. Il suffirait de contrer la loi de la jungle et renouer avec les engagements de la Charte des Nations unies.

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