Des bases turques, en Libye … !

turques en Libye

La Turquie et le gouvernement libyen installé à Tripoli discutent de l’utilisation par les forces turques de deux bases militaires en Libye. C’est ce que déclarait, lundi 15 juin, une source turque à Ankara. Il s’agit de la base navale de Misrata et de la base aérienne d’Al Watiya. Cette dernière étant  récemment reconquise par les forces du gouvernement d’entente nationale (GEN), soutenues par la Turquie.

Fait désormais explicite, la Turquie souhaiterait instaurer le califat, intégrant l’ensemble des pays arabes. D’ailleurs, l’explication de la politique néo-ottomane d’Erdogan nous vient de son premier conseiller militaire. En effet, Adnane Tanourdi la développait le 23 décembre 2019, à la chaîne de télévision al-Akida, reprise par Al-Jazira. Elle conforte son discours, par une attaque du nassérisme et du panarabisme, par des chaines TV à son service.

Cependant, cette donne suscite l’inquiétude de l’Union européenne. Et particulièrement de la France, de l’Italie, de la Grèce, de Chypre et de l’Espagne. Ainsi, l’Union européenne réalise que l’expansion turque au Maghreb est tolérée, sinon recommandée, par l’Otan et les USA.

De ce fait, la France réagit et dénonça, le 14 juin, les actions du régime de Recep Tayyip Erdogan dans la région. Paris, qui, depuis des mois, multiplie les charges contre les ambitions régionales turques, s’est irritée d’une « politique de plus en plus agressive et affirmée de la Turquie. Avec sept navires turcs positionnés au large de la Libye et une violation de l’embargo sur les armes ». « Les Turcs se comportent de manière inacceptable en instrumentalisant l’OTAN; et la France ne peut pas laisser faire », ajoute la présidence française.

D’ailleurs, Emmanuel Macron s’est déjà entretenu sur ce point avec le président américain Donald Trump. Et « des échanges auront lieu dans les semaines à venir sur ce sujet avec les partenaires de l’OTAN engagés sur place ». C’est ce qu’ajoute l’Élysée.

Déjà, le président français avait regretté le silence de l’OTAN, dont la Turquie est membre. Et il avait alors affirmé, en novembre, que l’OTAN était en état de « mort cérébrale ».

Une guerre froide au Maghreb?

Car, il n’en reste pas moins que les USA seraient favorables à la Turquie. Mais elle craint la riposte russe, qui utiliserait cette initiative, pour créer des bases en Libye Orientale. La Turquie serait ménagée par la Russie, en vue de redimensionner son alliance générique occidentale. Cependant, sa tolérance a des limites. Elle soutient le maréchal Haftar contre le gouvernement Serraj. Et serait tentée d’exploiter ce précédent pour installer ses bases.

La guerre froide serait ainsi étendue au Maghreb, sinon transférée du Moyen-Orient à l’espace sud-méditerranéen. Toutefois, les pays arabes semblent décidés à mettre fin à cette stratégie turque. L’Egypte a déjà affirmé son alliance avec Haftar et le soutien contre l’intervention turque.

Le silence diplomatique de la Tunisie, de l’Algérie et même du Maroc ne signifie pas une tolérance ou une reconnaissance des nouveaux rapports de forces. Leur attachement à la souveraineté nationale et leur opposition à l’établissement d’une extension de la guerre froide chez eux sont évidents. Ils ne peuvent s’accommoder de cette entrée militaire turque dans leur voisinage

En attendant la guerre internationale par procuration se poursuit, en Libye. Aux dépens de sa population et des intérêts du voisinage.

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