Mohamed Balghouthi : « La solution ne peut être que politique »

Mohamed Balghouthi

Pour faire face aux problèmes économiques, « la solution ne peut être que politique ». C’est ce qu’a indiqué Mohamed Balghouthi, consultant international tunisien en stratégie et intelligence économique. Et enseignant dans plusieurs Masters « Purchasing & Supply Chain Management », Intelligence Economique, cofondateur du CRET (Comité de réflexion sur l’économie tunisienne) et du GIEST (Groupe d’intelligence économique et scientifique de Tunisie) via son post.

D’ailleurs, Mohamed Balghouthi explique le pourquoi du comment à travers une analyse de la situation économique. D’où la question qu’on devrait se poser, selon lui :  » L’économie tunisienne à cause de sa structure va-t-elle vers un chaos imminent? »

Il estime que l’économie tunisienne se résume en une dépendance extérieure ainsi qu’une  dépendance intérieure tout en ajoutant les 10%  d’endettement extérieur.

Il précise dans ce contexte: « Ce qui veut dire que l’économie tunisienne produit 100 mais consomme 110, donc elle est sujette à un  endettement chronique. Autrement dit, elle a besoin de tous ses moyens de production, en plus de l’endettement extérieur, pour maintenir son équilibre social et économique. »

Et de poursuivre: « Au lieu d’augmenter sa productivité, elle augmente son endettement extérieur, ce qui est la solution de conservateurs  incompétents. Ce qui nous amène à un taux de dépendance économique extérieur égale à  80%. Donc, une économie intérieure réelle égale à  10%. Alors que les 80% d’économie extérieure s’effondrent. Ce qui veut dire que l’économie tunisienne n’a plus que 26% de capacité productive pour maintenir son pacte social et économique : ceci est impossible. »

Après la Covid, la Tunisie ne fonctionnera qu’avec 26% de capacité productive

Selon lui, avant la crise Covid19, la Tunisie ne fonctionnait que grosso modo avec 90% de capacité productive et 10% d’endettement extérieur. Ce qui explique, d’après Mohamed Balghouthi, pour les prochains mois (semestres ou années), qu’ elle ne fonctionnera qu’avec 26% de capacité productive. Et de préciser: « Il est inconcevable qu’elle puisse maintenir son pacte social et économique avec une dette extérieure de 74%. »

En outre, il ajoute:  « Même si l’économie extérieure ne s’effondre que de 50% ou même de 20%, la conclusion est la même. La Tunisie ne tenait qu’à travers un équilibre économique artificiel fragile, compensé par un endettement extérieur effréné sans aucune augmentation de la productivité. »

Or après avoir défini le diagnostic, il y a deux solutions. De ce fait, Mohamed Balghouthi préconise ce qui suit: « Soit nous laissons un pouvoir politique incompétent gagner encore quelques mois avant la banqueroute totale, en laissant vendre méthodiquement, secteur par secteur, le pays à de nouveaux colonisateurs économiques. Ou bien il y a l’émergence d’un nouveau pouvoir politique stratège, multipliant significativement la productivité de l’économie tunisienne en investissant massivement dans l’innovation et la haute valeur ajoutée. »

Il conclut: « Nous avons atteint le point d’inflexion et il ne peut y avoir de solution progressive ou intermédiaire. C’est impossible. Car la solution ne peut être que politique.  »

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here