Mehdi Ghazzai: « On n’a plus une interview politique, mais deux politiciens »

Mehdi Ghazzai

Comment analyser l’interview du président du Parlement Rached Ghannouchi sur la chaîne Nessma? Mehdi Ghazzai, consultant en communication, nous livre son analyse dans une déclaration à leconomistemaghrebin.com.

Ainsi, Mehdi Ghazzai précise: « En fait, ce qui retient l’attention c’est la prestation du « journaliste ». Il a posé à peu près 18 questions…dont 15 sont orientées explicitement contre le gouvernement. »

Puis, il ajoute qu’il y a « neuf questions qui représentent exactement la même formulation; à savoir l’hétérogénéité de l’alliance gouvernementale qui est en crise. Aux minutes 4:30; 11:11; 12:50; 13:50; 14:14; 16:40; 17:56; 19:24; et 40:24 ».

Ensuite il poursuit: « Trois questions tournent autour du président de la République. Et sa responsabilité sur le choix de son alliance gouvernementale avec l’ex chef du gouvernement Youssef Chahed (minute 24:07; 27:25 et 28.15). Alors que trois autres questions sont tournées contre le chef du gouvernement et les décrets présentés (minute 31:50; 34:50; 37:25). »

De ce fait, Mehdi Ghazzai estime que ces sujets sont les mêmes thèmes que ceux présentés et soutenus par le président du bloc parlementaire Qalb Tounes Oussama Khlifi. Et ce, dans son interview à Midi Show le même jour. De même que par le président du parti Qalb Tounes, Nabil Karoui, sur Hannibal.

Et de poursuivre: « Ce qui est frappant, c’est qu’il y a eu un changement de rôle. L’intervieweur se retrouve être à la place de l’interviewé. C’est le « journaliste » qui annonce ses attaques contre l’alliance gouvernementale. Allant même jusqu’à lancer un « je ne suis pas d’accord ». Et c’est le président du parlement qui modère les propos et apporte une nuance à l’énoncé. »

« C’est une atteinte grave à la clarté du débat démocratique »

« Dès lors, on n’a plus une interview politique à analyser. Mais une discussion entre deux politiciens et ces deux politiciens sont d’accord sur tout », constate Mehdi Ghazzai.

« Finalement, Qalb Tounes a enchaîné de Hannibal, à Nessma en passant par Mosaïque fm. C’est ce qu’on appelle écrire le récit d’une séquence de communication et boucler la boucle. »

Enfin, il conclut: « Sur le fond, c’est de la politique. Chacun est libre de soutenir cette alliance gouvernementale ou une autre différente. En revanche, quand un “journaliste” usurpe l’identité du politique. Et  que ses questions sont orientées uniquement dans un seul sens, cela porte une atteinte grave à la clarté du débat démocratique! »

 

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