Pourquoi l’UGTT s’oppose à la privatisation de la production d’électricité ?

électricité - l'économiste maghrebin
Ce projet devra produire 36 Gigawatt d'électricité par an.

Le secrétaire général de Fédération générale de l’électricité et du gaz relevant de l’UGTT, Abdelkader Jelassi, a réitéré, jeudi, l’opposition catégorique de la Fédération à la privatisation de la production de l’électricité en Tunisie.

M. Jelassi a également, souligné les appréhensions de la partie syndicale. Des appréhensions nourries par le décret gouvernemental du 26 février 2020. En effet, ce décret porte sur la production d’électricité à partir des énergies renouvelables. Il autorise la création de sociétés d’autoproduction d’électricité à partir des énergies renouvelables.

Le président de la fédération affirme que la partie syndicale refuse catégoriquement cette démarche. Il avance que la production de l’électricité par des entreprises privées afin de la vendre aux Tunisiens, perturberait le réseau. « Elle rendrait, également, l’accès à l’électricité impossible pour quelques catégories sociales », lance-t-il. Pour lui, il s’agit de la marchandisation de l’électricité. Le syndicaliste estime que cette marchandisation touche à la sécurité nationale et au statut public de la STEG.

L’autre son de cloche

De son côté, le conseiller auprès du ministre de l’Energie, des Mines et de la Transition énergétique, Hamed El-Matri a indiqué que « les procédures d’exécution du décret gouvernemental du 26 février 2020, fixant les mesures relatives à l’autorisation de création de projet d’autoproduction d’énergies et les conditions de transport de l’électricité et de vente d’excédent d’énergies à la STEG, sont en cours d’élaboration ».

Il a, en outre expliqué, que « la production d’électricité par des privés se fera à partir des énergies renouvelables« . Il affirme que cette approche permettra de réduire le déficit énergétique de la Tunisie. Ce déficit a atteint des niveaux élevés et d’équilibrer la balance énergétique.

D’ailleurs, « un benchmark a été fait avec les expériences d’autres pays dans ce domaine. Et c’est la STEG qui assurera le transport de l’électricité produite à un coût fixé de manière à satisfaire la société et à inciter les investisseurs privés à investir dans ce domaine ». En effet, le décret du 26 février 2020 intervient en révision de l’article 9 de la loi n°12 de 2015 du 11 mai 2015. Cet article est relatif à la production d’électricité à partir d’énergies renouvelables.

Retour sur les spécificités de ce décret

D’ailleurs, ce décret permet la création de sociétés d’autoproduction d’électricité; et ce, à partir d’énergies renouvelables. Mais aussi la vente aux grands consommateurs ainsi que l’injection dans le réseau national. Il permet également la vente de l’excédent à la STEG. Il vise à doubler les investissements réalisés par les entreprises actives dans le domaine de l’installation des centrales électriques à partir des énergies renouvelables. Et à permettre aux entreprises énergivores de garantir une partie de leurs besoins en la matière. Et ce, à des coûts bas et stables.

Avec TAP

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here