Mehdi Ghazzai analyse la prestation d’Abir Moussi

Mehdi Ghazzai

Mehdi Ghazzai, consultant en communication, donne son analyse du discours de la députée Abir Moussi. Ainsi que les raisons qui font que ce discours représente à la fois une leçon en rhétorique politique. Mais aussi un raisonnement fallacieux. Et ce, dans une déclaration exclusive à leconomistemaghrebin.com

En effet, Mehdi Ghazzai souligne qu’Abir Moussi a mis en équation son discours avec la situation. Et ce, en utilisant des techniques dont de nombreux politiques pourraient s’inspirer. Ainsi de la multiplication de l’anaphore qui est la répétition de la même expression au début de plusieurs phrases. Comme quand elle répétait: « Je veux demander aux Tunisiens. »

Abir Moussi : « La femme tunisienne est une femme libre »

Et de poursuivre: « C’est l’une des caractéristiques les plus remarquables du discours politique exalté. De même, l’emploi des antithèses, comme dans les femmes ne sont pas une récompense sexuelle… La femme tunisienne est une femme libre. »

Et d’ajouter: « Cette technique est très efficace, car elle permet de créer un ascenseur émotionnel. On fait passer les auditeurs de la peur au soulagement, de la colère à la joie. Ce qui permet de saturer leurs cognitions. Le crescendo est la montée progressive en intensité dans le discours. Et il s’est déroulé tout au long du discours de la députée et principalement à la conclusion. »

Sur le fond, qu’en est-il?

En revanche, sur le fond, Mehdi Ghazzai indique qu’il s’attendait à une intervention explicitant le document et l’initiative présentée par le PDL. Mais, « Abir Moussi a préféré user d’une série d’attaques personnelles (ad personam) contre le président du parlement. Porter une attaque sur la personne et sans rapport avec le fond est l’ultime technique du sophisme. D’ailleurs, Schopenhauer a soulevé dans son livre L’art d’avoir toujours raison, et ne peut contribuer en aucun cas à construire le débat politique. »

En outre, il ajoute: « Une énumération de faits historiques et d’éléments qui n’ont rien à avoir les uns et les autres. Mais qui sont assimilés dans la même phrase et la même tirade les uns aux autres. C’est la définition même de l’amalgame.
Or, une énumération, pour qu’elle soit valide, il faut que les différents éléments qui la composent se regroupent dans un même concept générique. »

Enfin, il conclut: « Abir Moussi, avec ses attaques personnelles et son énumération en trompe-l’œil, réussit à créer une sorte d’illusion optique. Ainsi, elle façonne une vision biaisée de la réalité. Et en l’occurrence, chez Mme Moussi, cette version biaisée de la réalité a un rôle. Celui  d’accentuer la bipolarité du paysage politique et faire peur à l’autre. »

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