Grands défis géopolitiques au voisinage de la Tunisie

Tunisie L'Economiste Maghrébin

Une Conférence a été organisée par l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES) sur le thème : “ Grands défis géopolitiques au voisinage de la Tunisie”. Quelle analyse géopolitique peut-on en tirer ?

A propos du cas de la Libye, pays voisin, Rafaa Tabib, expert sur les questions libyennes, estime qu’il y a des reconsidérations géopolitiques très importantes et très profondes qui touchent de plus en plus la carte du monde et de la région MENA.

Selon lui, la Tunisie a éludé depuis longtemps les questions liées à ce positionnement géopolitique dans le bassin méditerranéen. Il précise dans ce contexte: « Je pense qu’il est grand temps de changer cette attitude de déni de ce qui se passe autour de nous« 

Et d’ajouter: “La Libye est devenue une dangereuse poudrière à notre frontière. Je pense essentiellement au trafic des jihadistes qui ont acquis de l’expérience et des moyens financiers logistiques aussi bien en Syrie qu’au Mali”.

La grande question est de savoir s’il y a un Etat en Libye? A cette interrogation il a répondu: “Nous savons que l’armée de Hafter est en train de combattre le terrorisme et le gouvernement actuel reconnu par la communauté internationale est en train d’envoyer des armes aux terroristes pour faire barrage à l’avancée de l’armée libyenne au sud. Et tant que la Libye actuelle reste à ce stade, il n’y aura pas de Maghreb uni, soyons réalistes”.

La Tunisie devra trouver d’autres alternatives

Aujourd’hui, l’intérêt de la Tunisie dans tout ceci est de reconsidérer ses enjeux économiques ? « La Tunisie devra trouver d’autres alternatives« , renchérit M. Tabib

Il précise: Il est temps de ne plus rester dans les schémas classiques traditionnels, il y a tout un argumentaire de notre économie qui dépend de l’UE alors qu’il y a d’autres ouvertures. Il faut voir ce que la Chine est en train de faire en Afrique  en termes d’infrastructures , l’exemple de ce qui se passe au Rwanda, en Ethiopie devrait être tenu en Tunisie pour leçon ». 

Par ailleurs, Ahmed Ben Mustapha, diplomate de carrière, ancien ambassadeur des Emirats Arabe Unis en 2013, évoque de son côté l’impact de l’Aleca. 

Il précise: « Du fait que nos relations économiques soient intrinsèquement liées à la coopération très étroite avec l’Europe les relations sont basées sur le libre-échange. D’ailleurs, ils ont été les premiers à se déployer (le G7 mai 2011) et à proposer dans le Sommet de Deauville, le partenariat pour la démocratie, un nouveau cadre géostratégique entre l’UE du G7 et les pays du printemps arabe.« 

Il ajoute: «  L’Aleca vise à empêcher la Tunisie à changer de modèle économique « . Il conclut: « Les pressions pour que la Tunisie signe l’Aleca s’expliquent à partir de mai 2011« .

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here