Slim Tlatli : la désindustrialisation du pays est en marche

Slim Tlatli L'Economiste Maghrébin

Slim Tlatli, membre du bureau exécutif chargé des affaires économiques du parti Machrou3 Tounes, dresse un état des lieux de la situation économique, notamment le bilan de la LF 2018. Il a bien voulu nous livrer ses réserves quant au PLF 2019. Interview.

Quel bilan peut-on dresser à propos de la Loi de finances 2018 et quelles sont vos réserves sur le PLF 2019 ?

D’abord, le PLF 2019 n’est pas encore finalisé. Nous avons des indications et quelques informations parcimonieuses. Ce qui est important, de prime abord, c’est la réalisation de la LF 2018. Encore une fois, et cela dure depuis 8 ans,  les LF successives n’ont jamais été respectées. Ce qui a nécessité, à chaque année, une LF complémentaire. Cette année ne fera pas exception.

Ce qui est important, de prime à bord, c’est la réalisation de la loi de finances 2018.  Ce qui nécessite chaque année une loi de finances complémentaire. Cette année ne fera pas exception.

Le budget de 2018  a été bâti sur des hypothèses que nous avions contesté  à Machrou3 Tounes fin 2017. En particulier, le prix du baril de pétrole (en moyenne 70$ en 2018 au lieu des 54$ prévus) et le taux de change US $/Dinar (une moyenne de 2,6 D). Ces deux facteurs ont notamment eu une incidence directe sur la Caisse de compensation. Celle-ci est devenue une composante pesante dans le budget de l’Etat.  La croissance est revue à la baisse à 2,6% au lieu des 3% prévus, avec des ressources propres en forte évolution.

Ces réalisations vont permettre de cantonner le déficit budgétaire à 4,9% qui, à mon humble avis, cache d’énormes fragilités : fragilités de la croissance, fragilités de la capacité à continuer ce niveau de croissance, de la collecte des ressources propres et surtout une accumulation de créances d’entreprises sur l’Etat qui fait un grand tort et met en danger notre tissu de PME et d’institutions par un dérapage important des impayés de l’Etat.

Slim Tlatli livre son interprétation

Pour revenir au PLF 2019, les premières indications, contiennent un certain nombre de mesures de relance que j’applaudis sans réserve. Mais qui vont en contre-sens de ce qui a été fait auparavant. Elles montrent bien l’absence d’une vision globale, signifiant qu’on a encore une fois perdu du temps. Je voudrais citer en particulier la bonification d’intérêts pour le financement des PME. Ainsi que d’autres propositions du Conseil d’Analyses Economiques qui me paraissent tout à fait pertinentes. Le constat est que l’investissement recule dans le pays (de 25% du PIB en 2010 à 18% en 2017). Il tire une vraie sonnette d’alarme d’une marche à reculons de désindustrialisation du pays. Faut-il rappeler que l’investissement et l’exportation devraient être les vrais moteurs de la croissance pour le pays.

D’après vous, quelles sont les solutions pour une sortie de crise socio-économique et politique ?

Le Mouvement Machrou3 Tounes organise, le dimanche 30 septembre à Tunis, une table ronde qui va traiter de deux thèmes. Le premier thème pose une question provocatrice à dessein : »Est-ce qu’une sortie de crise demeure encore possible ? ».  Le deuxième thème tentera de tracer les grandes lignes de ce que devrait être un plan de relance économique à moyen terme.

Nous avons séparé à dessein les deux thèmes. Nous demeurons convaincus qu’il n’y aura pas de relance de l’économie du pays avant de procéder à sa stabilisation. Celle-ci se fera, à mon avis, à travers notre capacité à rétablir très vite les grands équilibres macroéconomiques.

. Cette table ronde préconisera des solutions. Nous y reviendront plus tard.Nous parlerons, notamment, des deux vrais moteurs de la croissance l’investissement et l’exportation qu’il faudrait mettre sur une trajectoire durable.

1 COMMENTAIRE

  1. Un gros titre racoleur et un contenu squelettique à l’image du mouvement Machrou3. Pour ma part, je dirai que la Tunisie sera l’usine du Monde et une plateforme logique mondiale et une pépinière des compétences techniques, médicales. Pourquoi toujours dénigrer pour dénigrer…?

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