50 ans d’aménagement du territoire : équivoques passées, indécisions actuelles et enjeux futurs

taieb houidi - l'économiste maghrebin

Tel est le thème d’une rencontre – débat qu’organisera Le Cercle Kheireddine le 06 octobre 2018 au siège de l’UTICA. Y participeront Ahmed Smaoui, ancien ministre, Taieb Houidi, Géographe et Urbaniste et Mahmoud Ben Romdhane, Professeur Emérite en Economie. 

En effet, en mettant en valeur les conséquences de la politique économique sur le territoire, cette rencontre – débat s’efforce de tenter de répondre essentiellement à plusieurs questions importantes.

Qu’a-t-on fait des instruments d’aménagement du territoire (les schémas nationaux d’Aménagement du Territoire – SNAT, les SRAT…) ?

Pourquoi les nombreuses propositions qu’ils ont présentées n’ont-elles pas été suivies d’effets ? Les causes sont-elles liées à la gouvernance politique ? Au manque de moyens ? Aux difficultés de mise en œuvre, compte tenu du caractère transversal de l’aménagement du territoire ?

Que faire pour rattraper les retards en évitant de confondre différences et déséquilibre ? Aller à l’encontre des logiques du marché ou opérer des compensations ? Comment assurer la cohésion sociale face à l’accélération des mutations économiques ?

Comment intégrer la Tunisie dans une zone de libre-échange avec l’Europe, tout en évitant la marginalisation des populations et des zones désavantagées ?

Ainsi, à partir de ces éléments, cette rencontre – débat tentera de capitaliser les apports des conférenciers et du public. L’objectif est de capitaliser les enseignements pour une vision réaliste du développement territorial au cours des décennies à venir.

Aménagement du territoire : aperçu historique

D’ailleurs, au lendemain des indépendances (1956-1962), la Tunisie a été l’un des pays qui ont le plus rapidement mené des actions concrètes prenant en compte les interrelations entre économie, société et territoire.

Et le rapport de l’UGTT (1956), le programme « perspectives décennales », puis le colloque de Zarzis avaient jeté les bases de la nécessité d’associer visions économiques et actions territoriales. Tout cela pour entraîner l’ensemble de régions du pays dans le processus de développement.

Puis, avec plus ou moins de succès, les années 60 ont posé les bases d’un développement régional. Grace notamment à l’implantation de « pôles industriels régionaux ». Mais ces actions se sont avérées insuffisantes.

Ensuite, prenant conscience du creusement des « inégalités territoriales », l’Etat a pris l’initiative de lancer le premier « SNAT » (1982-84). Il était l’expression d’une réponse politique forte (et officielle), traduisant une préoccupation publique majeure quant à la nécessité de trouver des solutions pour conjurer les menaces de « déséquilibre régional » annoncées pour le début du siècle prochain.

Le choix simple (simpliste ?) était de savoir si on acceptait une concentration sur le littoral avec le risque d’aggraver les disparités, ou si on devait créer les conditions permettant une diffusion dans les régions des équipements, infrastructures et investissements privés, toujours à travers la promotion des villes intérieures.

Enfin, en 1995 est signé le Traité d’association avec l’Union européenne, puis en 1998 la Zone de Libre Echange (Z.L.E).

La période clé du second SNAT (ou SDATN) est donc 1995 qui marque un deuxième tournant libéral mais qui va bien au-delà du précédent. Puisque cette fois le fil directeur n’est plus interne mais externe. Cette fois, il s’agit d’un SNAT à finalité opérative.

Les aménageurs n’ont pas à définir l’option de développement du pays. Leur travail est d’assurer la traduction spatiale des options décidées par les autorités politiques.

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