Ahmed Néjib Chebbi : « Le consensus sera reconduit mais sous forme de tragédie »

Ahmed Nejib Chebbi

Au programme : une situation politique dans la tourmente ? Quel est l’état des lieux ? Ahmed Néjib Chebbi, fondateur du parti “Mouvement démocrate”, revient sur l’interview du président de la République. 

Ahmed Néjib Chebbi a mentionné sur sa page des réseaux sociaux que la situation est préoccupante. Il déclare : « Ce qui doit nous préoccuper par-delà le discours, c’est bien l’avenir de la Tunisie. Or de ce point de vue, le discours présidentiel n’ouvre sur aucune perspective et ne mérite pas qu’on s’y arrête. » Tout comme il a souligné dans ce contexte : « C’est le retour probable au pouvoir de l’islam politique, sur fond de crise et de désaffection généralisées. »

Evoquant les résultats des élections municipales, il déclare qu’ils sont sans appel : Ennahdha est redevenu le premier parti, même si en partie il a perdu 500 000 voix de sa base électorale, suivi du parti  Nidaa Tounes avec 300 000 voix.

Ahmed Néjib Chebbi : « Il faudrait un sursaut dans l’opinion »

De ce fait, Ahmed Néjib Chebbi dresse un état des lieux de la situation au sein de Nida Tounes. Selon lui, Nidaa Tounes poursuit sa descente aux enfers et ne peut prétendre à quelque rôle d’importance. Il précise : « Ses héritiers regroupés dans la nouvelle alliance parlementaire sous l’appellation de « groupe national » aspirent à rééditer l’expérience de Nidaa Tounes. » Mais comme disait Karl Marx : « L’histoire se répète tout d’abord comme tragédie après comme farce. »

Et de poursuivre : « Le rapport de forces les obligera à assumer ce rôle de parti croupion, quelles que soient leurs ambitions et intentions. Le consensus sera reconduit mais sous forme de tragédie, l’alternance sera renvoyée aux calendes grecques… »

Enfin, il conclut: « Ce tableau apocalyptique n’aurait pu être brossé n’eût été le repli de l’opinion. Deux tiers des électeurs se sont réfugiés dans l’abstentionnisme, auxquels il faudrait ajouter les 11% qui ont voté pour les indépendants, soit au total 77% des Tunisiens qui ont exprimé à l’occasion des municipales, leur désaffection et leur défiance à l’égard des partis. C’est là le cœur de la crise tunisienne et à moins de la traiter, ça sera une longue marche dans le tunnel. Pour éviter cela, il faudrait un sursaut dans l’opinion et ce sursaut ne peut venir que de l’élite. »

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