Micro-entreprises : 32,3% des salariés ont un salaire inférieur au SMIG

micro-entreprises L'Economiste Maghrébin

Les micro-entreprises constituent une composante essentielle du tissu économique tunisien. Leurs activités contribuent pour une part importante à la production nationale. Elles sont déterminantes dans le processus de développement du pays. 

Ainsi, l’Institut national de la Statistique (INS) vient de publier le rapport de l’enquête quinquennale sur les micro-entreprises.  Ce rapport présente les principaux résultats relatifs aux caractéristiques économiques des micro-entreprises. Il évoque les résultats de l’enquête réalisée en 2016. Enquête structurelle auprès des micro-entreprises employant moins de six salariés ayant un chiffre d’affaires inférieur à un million de dinars.

D’ailleurs, les entreprises ayant répondu aux questionnaires de l’enquête sont au nombre de 9395, soit un taux de réponse de 60.3%. Objectif : offrir une vue complète sur le secteur des micro-entreprises.

Et les données de l’enquête quinquennale sur les micro-entreprises réalisée en 2017 sur l’exercice 2016 ont servi de base. Le rapport de l’enquête est un ensemble de fiches thématiques et sectorielles permettant d’éclairer des sujets transversaux autour de quatre grands domaines. Il s’agit de : la structure du système productif, l’emploi et les coûts salariaux, les principales données comptables et économiques de l’activité et enfin le profil des micro-entreprises par région.

Micro-entreprises : emploi et coûts salariaux

En outre, s’agissant de l’emploi et des coûts salariaux, l’emploi dans les micro-entreprises représente ainsi près de 24.6% de l’emploi non agricole en 2016 (soit 2915.4 mille emplois selon l’enquête nationale sur l’Emploi 2016).

Ainsi, en ce qui concerne la répartition par branche d’activité et sexe, le commerce et la réparation automobile représentent 39,3% des emplois des micro-entreprises, les industries manufacturières 12,4%, le transport et entreposage 14%. L’emploi féminin est le plus important dans l’enseignement avec 67,9% et les industries du textile, de l’habillement et de cuir avec 59,1%.

Par ailleurs, c’est dans la métallurgie et fabrication de produits métalliques (18,1%) que l’on trouve le plus de jeunes de moins de 25 ans au travail. Ce phénomène est particulièrement marqué pour les femmes dans l’Industrie du textile, habillement, cuir et chaussure (27,3%). En revanche, c’est dans le commerce, réparation d’automobiles et de motocycles que l’on trouve le plus de personnes âgées de plus de 60 ans (14,3%).

Le travail indépendant est de mise

En conséquence, le statut d’indépendant s’élève à 32,0% de la main d’œuvre totale, si l’on y ajoute les patrons (26,5%) et les associés (1,9%). Ce sont environ 60,4% des travailleurs des micro-entreprises qui gèrent leur propre unité. C’est dans l’enseignement (68,5%), l’hébergement et restauration (55,0%) et les industries alimentaires (54,1%) que le salariat est prédominant. Il est au contraire très peu développé dans le commerce (avec 18,7%) au profit des aides familiaux (7,6%).

Ensuite, la répartition de l’emploi selon la taille des entreprises montre que 71,7% des emplois exercés dans le secteur des micro-entreprises sont dans des entreprises de un à deux emplois. 23,5% sont dans des entreprises de trois à cinq emplois et 4,8% dans des entreprises de six emplois et plus.

Enfin, c’est dans la branche transports et entreposage que l’on observe la plus forte proportion d’entreprises employant une ou deux personnes (96,8%). Dans le commerce il se situe à 85,9%.

Micro-entreprises : salaires et rémunérations

Notons que le salaire moyen dans les micro-entreprises s’élève à 432 dinars par mois soit 1,2 fois le SMIG. Il s’élevait à 357 dinars par mois en 2016. Il se situe à 480 dinars pour les hommes et 332 dinars pour les femmes, soit 1,3 et 0,9 fois le SMIG.

En effet, le secteur où l’écart entre les salaires féminins et masculins est le plus faible est la métallurgie et fabrication de produits métalliques avec 125,8%. Les secteurs où l’écart est le plus marqué sont le commerce, la réparation d’automobiles et de motocycles (59,3%) et le transports et l’entreposage (59,4%). Chez les hommes, le secteur information et communication est le plus rémunérateur avec 2,2 fois le SMIG.

De plus, la répartition des salariés des micro-entreprises en fonction de leur niveau de salaires fait ressortir que 32,3% des salariés ont un salaire inférieur au SMIG. En considération du genre, seulement 18,3% des salariés hommes gagnent moins que le SMIG, contre 61,3% pour les salariées femmes.

Le salaire augmente régulièrement avec l’âge pour plafonner dans la tranche d’âge 30-39 ans. Le phénomène est similaire pour les hommes.

Écarts de salaires importants

Alors que les salaires les plus élevés s’observent dans les entreprises de cinq emplois. La relation entre le niveau de salaire et le niveau d’instruction est positive. Enfin, le mode de rémunération par mois est le plus fréquent, représentant 74% du nombre total des salariés. Cependant, les modes de rémunération par journée et par semaine atteignent respectivement 16,8% et 11,9%.  Les autres modes de rémunération sont quasiment nuls.

Dans les micro-entreprises, la durée du travail est en moyenne de neuf heures par jour pendant six jours par semaine. L’hébergement et la restauration se caractérisent par les durées les plus longues (12 heures par jour et sept jours par semaine). On observe aussi les transports et l’entreposage avec 10 heures par jour et sept jours par semaine.

Journées de travail longues

Ces informations sont données par le chef d’entreprise et l’entreprise ouverte ne signifie pas que les travailleurs sont présents.

Par exemple, un commerce peut rester ouvert, le patron étant présent alors que les autres travailleurs sont partis. Néanmoins, les chiffres présentés sont particulièrement significatifs des longues journées de travail dans le secteur des micro-entreprises. Il y a en moyenne six jours de fermeture par an et six autres jours fermés (jours de fêtes religieuses ou nationales).

Le champ de l’enquête couvre les activités non agricoles. Il est défini sur la base du répertoire national des entreprises qui comprennent 740054 unités au 31 décembre 2016. Le nombre d’entreprises intégré dans le champ de l’enquête s’élève à 704241. Elles sont caractérisées par moins de six salariés et un chiffre d’affaire inférieur à un million de dinars. C’est sur la base de ce dernier champ qu’un échantillon initial de 15579 entreprises a été tiré à un taux de sondage de l’ordre de 2.5%. Il a tenu compte d’une stratification selon le secteur d’activité et la taille de l’entreprise en terme d’effectif de salariés. Les entreprises ayant répondu aux questionnaires de l’enquête sont au nombre de 9395, soit un taux de réponse de 60.3%

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