Ahlem Hachicha Chaker : « Le Président est dans son rôle »

Que faut-il penser de l’interview du président de la République Béji Caïd Essebsi? Ahlem Hachicha Chaker, directrice exécutive de l’Institut des Politiques Publiques de Machrou3 Tounes livre son point de vue. 

Selon elle, l’interview du président de la République a été un événement décevant, non pas en raison de sa forme ou de son contenu. Mais plutôt parce que les attentes des téléspectateurs étaient disproportionnées et inappropriées.

Et de poursuivre: « Nous continuons malheureusement à croire à un pouvoir mythique, à chercher un super héro. »

En clair, selon son analyse, l’interview a été convenue sans véritable raison, uniquement pour miser sur un moment télévisé. L’actualité nationale est chargée par le drame des inondations du Cap Bon, mais cette actualité a été peu abordée.

Elle ajoute que finalement, Myriam Belkadhi a choisi de consacrer l’essentiel de ses questions à la situation interne de Nidaa Tounes. Et de souligner: « Elle a cherché à faire prendre position au Président. Elle semblait vouloir lui faire dire que Hafedh Caid Essebsi devait quitter le parti. Une déclaration qui aurait fait plaisir à nombre de personnes, mais qui aurait été déplacée de la part du président de la République. »

Il ne s’agit pas de personnes, mais de processus et de construction institutionnelle

Et de rajouter: « Je note quelques moments forts de cet exercice. D’un point de vue général, le Président Béji Caïd Essebsi a été clair. Il a privilégié le discours institutionnel. Il ne s’agit pas de personnes, mais de processus et de construction institutionnelle. Il s’engage à la tenue des élections dans les délais. Ce qui coupe court à certaines spéculations et c’est tant mieux. »

Ni le départ de Hafedh Caïd Essebsi ni celui de Youssef Chahed ne mettront la Tunisie en danger

Ahlem Hachicha Chaker est également revenue sur la déclaration du ni-ni. En effet, Béji Caïd Essebsi a estimé que ni le départ de Hafedh Caid Essebsi ni celui de Youssef Chahed ne vont mettre la Tunisie en danger. Il considère que personne n’est indispensable. Il invite, encore une fois, le Chef du Gouvernement à solliciter le vote de l’Assemblée.

Selon Mme Hachicha Chaker, ce vote, à la lumière d’une majorité qui semble se dessiner, permettra de dépasser le blocage actuel. « D’un point de vue politique, le Président Béji Caid Essebsi déclare la rupture de son alliance avec Ennahdha, à la demande de cette dernière, a-t-il insisté. Il laisse penser que cette alliance est aujourd’hui établie entre Youssef Chahed et Ennahdha.

En bref, le Président a fait le Président, et n’a pas joué le rôle dans lequel certains l’attendaient. A chacun d’assumer ses responsabilités, de faire ses choix, dans le respect des institutions et dans l’intérêt du pays. Elle conclut: « Machrou3 Tounes continue à appeler les différentes parties à faire preuve de raison et à faire primer l’intérêt national pour dépasser la crise actuelle. Les Tunisiens sont en droit d’espérer des solutions aux difficultés économiques et sociales, une vision réaliste pour l’avenir, une meilleure gouvernance et des résultats tangibles. Nous sommes convaincus qu’une famille démocrate unie est un élément essentiel à cela. »

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