Moncef Achour: « Sans évaluation, sans autocritique, nous risquons de refaire les mêmes erreurs »

Moncef Achour L'Economiste Maghrébin

Qu’est-ce qui se passe à Nidaa Tounes, peut-on parler d’une sortie de crise? Ou est-ce la fin? Moncef Achour, un des dirigeants du parti Nidaa Tounes, donne son point de vue sur ce qui se passe en ce moment.

Il nous déclare: « Nous constatons des guerres de communiqués, des réunions par-ci, par-là entre le comité politique et le groupe parlementaire, les coordinations régionales, des déclarations d’anciens dirigeants, même ceux qui ont adhéré au groupe parlementaire de la Coalition nationale et les fans de Youssef Chahed maintiennent toujours leur engagement par rapport à une éventuelle relance de construction de Nidaa. »

Et de poursuivre: « J’ai l’impression qu’aussi bien la direction que les différents protagonistes autour de cette question ne sont pas  conscients de la profondeur de la crise et du déficit de confiance. » 

Selon lui, il est temps d’ouvrir un débat franc, ouvert à tous, sans exclusion. M. Achour met l’accent sur l’urgence de réagir. Autrement dit, il faut une démarche exigeante qui privilégie l’autocritique, « sinon nous ne pourrons pas avancer », a-t-il souligné. 

« Car si nous continuons à prendre les mêmes acteurs, nous connaîtrons les mêmes échecs. 

Au-delà des problèmes de la gestion de la crise de communication à Nidaa Tounes, « on agit dans une situation normale, ce qui ne devrait pas être le cas, même s’il y a des efforts louables qui se font dans ce sens », a-t-il fait savoir. 

Quelles sont les solutions?

M. Achour ajoute: « Les élections de 2019 sont pratiquement à nos portes et je me demande s’il est encore possible de reconstruire Nidaa Tounes. A l’heure actuelle, il n’y a aucune approche en vue pour une véritable sortie de crise. D’où la nécessité d’approfondir le débat pour une alternative. » 

Par ailleurs, lors des élections de 2014, les électeurs ont utilisé le vote utile en choisissant la personne de BCE et non le parti. Ce à quoi notre interlocuteur nous rétorque: « Il ne faut insulter ni l’avenir ni le passé. Le projet initial était excellent, celui d’un rassemblement d’individus, de groupes émanant d’horizons politiques divers. D’ailleurs, BCE ne pouvait pas seulement rassembler sur l’unique label destourien. A juste titre, il a choisi la synthèse de la diversité de sensibilités au sein de Nidaa Tounes. C’était un excellent choix. Seulement, après les élections, Béji Caïd Essebsi a cessé de s’immiscer dans les affaires du parti même quand il périclitait. On connait la suite… Béji après les élections n’a pas réussi à transformer Nidaa Tounes du seul appareil électoral en une institution politique, un véritable parti sur la base d’une nouvelle légitimité politique qui nécessite l’organisation d’un congrès politique. »

Il conclut: « Cela dit, ceux qui veulent offrir une alternative aux Tunisiens, sans évaluation et sans autocritique, nous font courir le risque de refaire les mêmes erreurs et de subir les mêmes échecs. » 

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here