Mohsen Marzouk: « Les guéguerres ne doivent en aucun cas entraver la marche d’une nation »

Mohsen Marzouk

Ce vendredi est célébrée la Journée internationale de la Paix. Le parti Machrou3 Tounes et le mouvement l’Avenir libyen viennent de lancer une campagne internationale pour la paix en Libye.

Plusieurs événements seront prévus partout dans le monde à cette occasion. L’objectif est de réunir un million de signatures pour la paix en Libye.

La situation en Libye est un problème très grave car la violence va crescendo, au vu des  récents événements récents en Libye, estime Mohsen Marzouk,  secrétaire générale du parti Machrou3 Tounes.

Selon lui, la Tunisie  a un rôle à jouer et doit participer activement à ce qu’une paix durable  soit mise en place en Libye.

Tunisie – Libye : des liens stratégiques

Et de poursuivre: « Or ce qui lie la Tunisie à la Libye ce ne sont pas seulement des liens économiques mais des liens stratégiques dont les intérêts économiques et sociaux sont très importants ». 

Evoquant les enjeux de certains pays qui privilégient leurs intérêts à ceux des Libyens, Marzouk a indiqué que la Tunisie ne doit pas rester les bras croisés. Quant à sa diplomatie, elle doit jouer un rôle beaucoup plus actif et stratégique. « Tel est l’appel que nous venons de lancer », a-t-il dit.

Et d’ajouter : « Nous ne sommes pas au pouvoir pour pouvoir entreprendre des actions concrètes mais c’est une action d’ordre symbolique qui reflète notre volonté. Et c’est le rôle aussi de la société civile de faire pression sur le plan international, afin que le conflit s’arrête ».

A propos du paysage politique en Tunisie,  Mohsen Marzouk met l’accent sur la nécessité de stabiliser  la situation au niveau du parti Nidaa Tounes et au niveau du gouvernement. Il précise à cet effet: « Il faut aller au Parlement. Et surtout, cela ne doit pas être dans un champ de bataille ou un combat mais il y a urgence à  trouver des solutions. Ce qui se passe en ce moment, il y a une division sur laquelle chacun veut liquider l’autre. Ce qui n’est pas une bonne stratégie, à mon sens ».

Et de poursuivre: « C’est pour cela que nous avons appelé à la sagesse  car il est important de trouver une solution aux problèmes socio-économiques qui ne peuvent plus attendre. Et étant dans une année électorale, le seul mot d’ordre est la stabilité qui demeure incontournable ». 

« Le  gouvernement devra surtout se consacrer à la question socio-économique et non aux intérêts électoraux »

Sur la question d’un remaniement ministériel plus large, Marzouk a répondu: “Actuellement, tout le monde est en faveur d’un  grand remaniement ministériel et que le gouvernement devra surtout se consacrer à la question socio-économique et non aux intérêts électoraux”.

Reste à savoir s’il  faut changer tout le gouvernement ou non, ou faire un remaniement ministériel. « A ce niveau, a-t-il soutenu, il faut qu’il y ait un débat. Le problème se situe au niveau de Nidaa Tounes. Il faut le dire d’une façon très claire : ces guéguerres ne doivent en aucun cas entraver la marche d’un pays comme la Tunisie. Il faut arrêter tout cela, basta !, s’est-il exclamé, le pays est au bord de la faillite ».

Quant à l’annonce du président de la République qui devra s’exprimer dans les prochains jours, M. Marzouk estime que le président de la République  saura trouver une solution qui ne soit pas de rupture ou de cassure mais une solution, un discours de rassemblement. “Un discours qui présente des solutions et non qui aggrave le conflit. Et moi j’ai confiance en la  sagesse du président et j’espère que tout va aller dans ce sens”, a-t-il poursuivi.

N’y a-t-il pas un risque de retour des vielles pratiques ? Il répond : « Les vieilles pratiques provenaient  d’un système autocratique. Actuellement, il n’y a pas de système et donc cela fait encore plus peur. Pour la simple raison qu’ il n’y a pas un système politique et un Etat fort. Ce qui fait que des groupes mafieux  peuvent se constituer autour de l’Etat. Et là on ne peut plus faire assumer la responsabilité à X ou à Y.  Le plus important est d’instaurer l’autorité de l’Etat dans le cadre du respect des libertés constitutionnelles ». 

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