Slim Besbes : « Le PLF 2019 est la résultante des difficultés de 2018 »

Slim Besbes L'Economiste Maghrébin

Que faut-il déduire du PLF 2019? Slim Besbes, membre de la Commission des Finances à l’ARP, député du Mouvement Ennahdha, livre son point de vue à ce sujet.

A première vue, l’ancien ministre des Finances tire la sonnette d’alarme. Il précise à cet effet: « L’année 2019 ne sera pas une année ordinaire. En clair, les nouvelles difficultés sont la résultante des difficultés de 2018, notamment la dévaluation du dinar, l’inflation à deux points de plus, le prix du baril à 20 dollars de plus. » 

Par ailleurs, il ajoute que même si 2018 est une année difficile, 2019 sera pire. Et de poursuivre: « L’année 2019, à mon avis, sera une année exceptionnelle par excellence. Du coup, elle ne nécessite pas de mesures régulières et ordinaires. »

Et des problèmes demeurent dans l’inapplication des mesures engagées, comme par exemple les caisses enregistreuses, le de-cashing…M. Besbes estime qu’en élargissant l’assiette, tout en misant sur  la numérisation de l’administration fiscale et le rétrécissement du marché parallèle, nous pourrons avoir une relance véritable de l’économie.

Redynamiser les entreprises pourvoyeuses réelles des recettes 

Autre élément, « la redynamisation des entreprises qui sont les pourvoyeuses réelles des recettes au profit de l’Etat », a-t-il indiqué. Il précise en effet: « C’est à travers ces choix qu’on doit escompter une augmentation des recettes et non pas à travers une intensification des contrôles classiques qui ont une efficacité limitée. En effet, ils mettent en contact direct le contribuable et le vérificateur, avec tous les abus de pouvoir, si ce n’est pas de la corruption, qui pourraient en découler. » 

Numériser pour mieux dématérialiser le contrôle 

Il ajoute: « Nous avons demandé depuis longtemps une dématérialisation du contrôle, par la la numérisation. L’activation des mesures prévues telles que les caisses enregistreuses peuvent être plus rentables que des mesures de contrôle fiscal classiques, car le rapport entre le contribuable et l’administration fiscale est déjà tendu. »

Qu’en est-il des impôts sur les entreprises? A cette question, il répond: « A mon avis, les entreprises ont déjà supporté parfois plus qu’elles ne devaient. Je parle des entreprises transparentes. Ce qui a conduit à une hausse des recettes fiscales de 15% sur le dos des entreprises. A mon sens, il ne faut pas tuer l’assiette de l’impôt, mais la rendre plus rentable; non pas par la pression fiscale, mais par la pérennité de l’entreprise, sa compétitivité à l’échelle nationale et internationale. »

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