Privatisation

privatisation Etat L'Economiste Maghrébin

L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a pris l’initiative de publier une liste de 23 entreprises et établissements publics que le gouvernement souhaiterait privatiser.

Le porte-parole du gouvernement, Iyed Dahmani, a infirmé l’information diffusée par l’entité syndicale, via un communiqué officiel. Pourtant, la situation financière de l’Etat et la tendance internationale sont de nature à donner du crédit à cette hypothèse.

Les privatisations : l’expression d’une conception minimale de l’Etat

Les privatisations traduisent une conception restrictive du rôle de l’État dans l’économie. Confiants dans la capacité d’autorégulation du marché et dans le jeu des mécanismes de marché, les libéraux restreignent le champ d’action légitime de l’action étatique au cœur des fonctions régaliennes : protéger les frontières contre les menaces extérieures et assurer l’ordre public interne.

En matière économique, l’État libéral ou minimal est appelé à s’effacer devant l’initiative privée et la «main invisible» du marché. L’intérêt général prend la forme du produit et du libre jeu des intérêts particuliers.

L’intervention étatique doit se borner à des réglementations destinées précisément à assurer ce libre jeu. Conformément aux thèses libérales actuellement en vogue, privatiser et démanteler les monopoles publics permettrait de dynamiser l’offre sur le marché intérieur et provoque une baisse des prix.

Mais au-delà de considérations idéologiques, ce sont des données pratiques qui sont mises en avant pour justifier les privatisations. Celles-ci fournissent en effet des ressources budgétaires qui, bien que ponctuelles, n’en sont pas moins importantes dans un contexte de fort endettement de l’État.

Ainsi, a-t-on pu estimer que les recettes de privatisation (totale ou partielle) permettent de rééquilibrer le budget de l’Etat.

Enfin, dans un contexte de forte concurrence internationale, les privatisations permettraient aux entreprises concernées d’investir grâce à des augmentations de capital que l’État, compte tenu de sa situation financière obérée, n’aurait pas été en mesure de financer.

La privatisation : une tendance lourde

Au plan international, la politique néolibérale de l’OMC et les sanctions qu’elle applique aux États qui ne traitent pas toutes les entreprises d’un même marché sur un pied d’égalité forcent la privatisation de nombreuses entreprises du secteur public, au risque de déstabiliser des États qui n’ont pas les moyens de réguler leur marché intérieur.

La libéralisation et l’ouverture à la concurrence de l’économie nationale se sont traduites par un désengagement de nombreux secteurs d’activités et la remise en cause de monopoles nationaux dont jouissaient des entreprises publiques (essentiellement dans les activités de réseaux de transport, de communication et d’énergie) et par la privatisation totale ou partielle (cession de tout ou partie du capital par l’Etat) d’entreprises nationales et établissements publics dont le statut s’est transformé en société anonyme.

L’État actionnaire dispose d’un portefeuille de participations dans des sociétés d’État. L’État actionnaire comme le phénomène des sociétés d’économie mixte contribuent à brouiller la frontière entre secteurs public et privé.

La tendance à la “privatisation de l’État” est au cœur de sa transformation, phénomène qui se vérifie dans la plupart des pays développés et en voie de développement…

Par

Publié le 14/09/2018 à 10:16

Leave a Reply

L'Economiste Maghrébin & L'Economiste Maghrébin by L'Economiste Maghrébin

Send this to a friend