Le désintérêt des jeunes à la politique, à quoi est-il dû ?

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Une démobilisation manifeste des jeunes a caractérisé les élections municipales. 

Marouen Bouloudhnine, fondateur de Houmet Tounes, a souligné que les dernières élections ont montré une chose à laquelle Houmet tounes était préparée depuis deux ans, c’est à dire la victoire des indépendants.

Il précise à cet effet: “En fait, la victoire des indépendants personne ne l’a pressentie tout simplement parce qu’on n’a pas su écouter les gens. Dans une démocratie, si vous ne répondez pas aux préoccupations des citoyens, vous êtes sanctionné”.

Et de poursuivre: “. Il faudrait que chacun puisse trouver sa place dans cette transition démocratique. Elle a trop duré avec des gens qui ne pensent qu’à eux-mêmes. Il faut penser aux citoyens qui vous ont élu”. 

En politique, il s’agit de faire rêver les gens pour construire une Tunisie de demain

Il y a eu 3 millions 500 000 qui ont boudé les élections. Comment l’expliquer ? M. Bouldhnine a répondu: “Parce qu’on ne leur a pas proposé une alternative qui fasse rêver. Car en politique, il s’agit de faire rêver les gens pour construire une Tunisie de demain, une Tunisie 2040. Cette victoire sera perçue  par la société civile. 

Et d’ajouter: “Rappelez vous Carthage a été détruit trois fois, deux fois par les romains et une fois par la Troïka, on continuera à la reconstruire mais ça sera ensemble. Nous sommes la société civile nous ne faisons pas de politique politicienne. Qu’ils fassent ce qu’ils veulent, on leur donne rendez-vous en octobre 2019″. 

De son côté, Anouar Moalla, consultant en communication et de gouvernance,  est revenu sur les principes de la démocratie, qui est par naissance la participation. 

Les jeunes ne veulent plus entendre de discours de langue de bois

Selon lui, les jeunes ne se sentent pas concernés car il y a  cette rupture entre le pays profond et le pays officiel. Il précise: “Ce désintérêt, on peut l’expliquer par le fait que les jeunes ne veulent plus entendre de discours de  langue de bois car ça ne passe plus.  Ils veulent un discours qui leur parlent, c’est ce qui  peut changer leurs comportements”. 

Cela dit, les résultats des élections municipales ont montré une forte absence des jeunes. Chafik Sarsar, ancien président de l’ISIE a évoqué que le désintérêt des jeunes est un problème à dimension universelle.  Il explique: ”  En Tunisie, on assiste à une aggravation de ce désintérêt. Or les solutions ne sont pas magiques, il faut redonner confiance à la politique et créer l’intérêt”. 

Il conclut: “Il est important de créer une nouvelle dynamique pour impliquer les jeunes, donner un message aux jeunes. On a raté un rendez-vous avec l’histoire des élections municipales. On s’attendait à une émergence d’élites jeunes, elle n’a pas eu lieu.  Il faut revoir nos décisions car l’avenir ce sont les jeunes”. 

 

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Publié le 14/09/2018 à 16:52

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