Bienvenue au royaume du savoir… qui peut !

rentrée scolaire L'Economiste MaghrébinL’état de l’éducation en Tunisie à l’aube de l’indépendance.

Les adolescences trop chastes font les vieillesses dissolues.” (André Gide)

On dit rentrer dans le vif du sujet, comme on peut dire il lui est rentré dedans; ou encore rentrer dans les rangs pour mieux signifier que l’on s’efface pour laisser la place à d’autres. Comme on peut dire également rentrer bredouille. Il n’y a pas de plus expressif pour décrire l’actualité du moment… Une jeunesse folle, folle, folle, dans un pays devenu fou, fou, fou. Fous à lier nos ados?

En forçant un peu le trait, oui, assurément. Et ce n’est pas leur faire injure, encore moins leur faire injustice. Fureur de vivre ou vivre en furie, peu importe, il y a un temps pour tout…

La rentrée scolaire de toutes les turpitudes

Il faut que l’ordre des choses reprenne comme cette rentrée de toutes les turpitudes, de tous les espoirs vrais ou faux… L’école de la République dans tous ses états, qui tremble de tout son corps, et nous avec…Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera, cela, c’était Napoléon; on peut souhaiter que quand notre enseignement se réveillera, ce sera pour chasser la médiocratie et repartir vers l’avant, comme auparavant…

Avoir entre quinze et dix-huit-ans, aujourd’hui en Tunisie et vouloir aller à fond la caisse, sans retenue, sans se retourner, comme s’il s’agissait de mourir demain. On appelle cela mordre à pleines dents. Et les dents de jeunesse, cela peut aller très loin… comme générer le pire. Quand cela déménage chez les ados, il faut aller chercher le savoir apprendre, le savoir consommer, le savoir aimer… Comme savoir se fixer des limites ; point limite zéro et zéro de conduite, et en cela, nos jeunes ne dérogent pas à la règle qui énonce, désobéissez que vous soyez riches ou pauvres…

L’appel du large

Difficile, très difficile d’avoir entre quinze et dix-huit-ans dans un pays comme le nôtre, surtout quand on commence à regarder vers la mer, vers un large qui vous appelle pour mieux vous emmener dans des tourbillons inconnus, sans retour comme les sirènes d’Ulysse…

Voir des élèves reprendre, qui le chemin de l’école, qui celui du lycée; voir les étudiants renouer avec les bancs de l’université à la recherche du temps perdu…

Clap! Silence, on tourne la prochaine séquence. Et cela nous donne le film de la rentrée scolaire pour les semaines et les mois à venir. Tous les acteurs sont en place. Chacun dans son rôle, pour que tout marche, et croyez-moi, cela peut, cela doit marcher pour que cette quête continue de la connaissance ne soit pas un peu plus clochardisée. C’est déjà assez… Tous responsables, tous coupables?

Oui, sans aucun doute et énormes challenges pour les milliers de fonctionnaires qui peuplent le ministère de l’Education… Bienvenue au royaume du savoir où les apprentis- aspirants ne sont plus ce qu’ils étaient.

Egalité, avez-vous dit ?

Depuis le temps que l’on s’acharne méthodiquement à démonter et à dévaloriser un secteur public devenu pauvre au profit d’un privé nanti et ravi de l’aubaine; d’aventure en aventure, de port en port, de train en train, jusqu’à en perdre haleine, à en perdre son âme. J’ai beau cherché la complémentarité, elle reste introuvable. A chacun sa bourse, à chacun son savoir. Et à ce jeu, on peut deviner le perdant.

Maintenant et tout de suite! Maîtres mots pour des gosses de riches et cela veut dire conduire, boire, s’empiffrer, veiller jusqu’à l’aube claire et fumer à volonté… Pour les plus malchanceux, donc les plus malheureux, il reste toujours des alternatives. On ne se contente plus de faire l’école buissonnière. On se révolte contre tous, tout et rien. Gâtés ou desservis, on se bouscule pour bien signifier qu’on a mûri et qu’on grandit bien à l’ombre d’un XXIème siècle de tous les excès où s’entremêlent et s’entrechoquent pêle-mêle, haute technologie, réseaux sociaux, consumérisme sauvage et luttes d’influences, ce qui n’est pas pour faire des étincelles.

Trop permissive la société ?

Je ne le vous fais pas dire! A un âge où certains ont encore des boutons au visage… Quoi de plus tonic que de retourner à ses chers livres et cahiers comme au bon vieux temps, même si cliquer, c’est tellement plus facile…

“Ados : graines d’hommes et de femmes dont on espère améliorer la pousse en les arrosant de reproches” ; très bien résumé M. Philippe Bouvard.

S’il a fallu à Hercule dix ans pour réaliser ses douze travaux et atteindre ainsi l’immortalité, il faudra au ministre de l’Education Hatem Ben Salem plus de travaux et moins de temps pour réaliser l’exploit et marquer les esprits à l’instar du fils de Zeus. Il lui faudra beaucoup d’énergie, beaucoup de patience pour nettoyer les écuries d’Augias, d’abord et avant tout; le reste suivra comme ce préservez-moi de mes amis, mes ennemis, je m’en charge…

Par

Publié le 14/09/2018 à 09:23

Leave a Reply

L'Economiste Maghrébin & L'Economiste Maghrébin by L'Economiste Maghrébin

Send this to a friend