La production de déchets sur l’île de Jerba, on ne nous dit pas tout !

Djerba L'Economiste Maghrébin

La production de déchets sur l’île de Jerba s’amoncelle à perte de vue au point de devenir un problème de santé publique. Quel est l’état des lieux? Yassine Bazarbecha, un des défenseurs de la nature a lancé un cri d’alarme et a posté sur sa page des réseaux sociaux sur une situation chaotique. 

Il précise: “La production de déchets sur l’île de Jerba avoisine les 60 000 tonnes de déchets par an. Si Jerba était un gouvernorat elle aurait comme chacun d’eux un site d’enfouissement.”

Il rappelle également que Jerba fait partie du gouvernorat de Médenine dont la responsabilité des déchets incombe. A cet effet, il déclare: “Si le gouvernorat de Médenine agissait tel que le font tous les gouvernorats de la République tunisienne, les déchets de l’île de Jerba produits par les citoyens tunisiens seraient envoyés au centre d’enfouissement légalisé du gouvernorat.”

Et de poursuivre: “Mais les magouilles vont bon train! Le transfert des 60 000 tonnes de déchets produits annuellement sur Jerba représenteraient environ 3 000 camions. Soit 3 000 voyages à 400 dinars le voyage, soit environ 120 000 dinars annuel de transfert.

“Tant que l’ile de Jerba fera partie du gouvernorat de Médenine, les déchets devront aller sur le continent pour leur traitement. De quelque traitement qu’il s’agisse”, a-t-il réagi.

Et d’ajouter: “Si le gouvernorat de Médenine veut mettre en place un projet de retraitement des déchets, qu’il le fasse pour tout le gouvernorat et sur le continent.”

“L’environnement de l’île de Jerba est quotidiennement agressé”

Selon M. Bazarbecha, l’environnement de l’île de Jerba est quotidiennement agressé, les municipalités ne font pas respecter le droit et les plans d’occupation des sols. Les constructions poussent comme des champignons, des  villes se forment un peu partout. Derrière chaque habitation, il y a un puits perdu pour les eaux usées qui contamine les sols et les nappes.

Il précise à cet effet: “L’ONAS est elle aussi mise en cause dans cette pollution à grande échelle. Elle déverse une grande quantité d’eau usée directement dans la mer sans retraitement…”

A quoi cela sert-il de vouloir des projets pharaoniques pour l’île de Jerba (type pont) totalement inutiles? Et de surcroît, à quelles conditions les obtiendrait-on? Ils arrivent à peine à mettre en place le minimum nécessaire en terme d’infrastructures (routes, hôpitaux, gestion des eaux usées et égouts, plan d’aménagement, etc.)

La population ne cesse de croître (environ 200 000 habitants) et avec elle des légions de problèmes. Sachant qu’il est impossible de faire cohabiter autant de monde sur une île aussi petite.

L’île est devenue une plaque tournante du blanchiment d’argent sale, des valises de billets circulent afin d’acheter tout type de biens qui peut bien se vendre.

“Les Jerbiens ne veulent pas faire de leur île un pôle de développement effréné. La pression foncière les chassera à terme. Ce qui n’engendrera que des désagréments! L’île, nous la perdons un peu plus chaque jour qui passe!!! Vous nous avez volé notre culture et notre tranquillité!”, s’insurge-t-il.

D’où son cri d’alarme: “Gardez votre argent, votre type de développement nous n’en voulons pas ici.  Allez plutôt voir du côté des zones de sous-développement abandonnées depuis des décennies par les politiques d’État. Elles finiront par être une bombe pour l’ensemble de la Tunisie. Tous vos projets nous n’en voulons pas.”

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Publié le 13/09/2018 à 21:24

Un Commentaire to La production de déchets sur l’île de Jerba, on ne nous dit pas tout !

  1. Ataturk dit :

    Depuis l’avènement de cette maudite révolution, des démons se sont réveillés aussi bien chez le citoyen ordinaire que chez les responsables politiques, notamment la mentalité régionaliste.
    Des citoyens et des responsables “du continent” refusent le transfert des déchets de Djerba vers le continent, se comportant comme si Djerba est un pays étranger.

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