Neurosciences : lire rend-il plus intelligent ?

lecture Neuroscience L'Economiste Maghrébin

La science n’en finit pas de découvrir de nouvelles vertus à la lecture. Après avoir lu un livre, le cerveau subit des changements et une augmentation de certaines de ses aires.

Les scientifiques considèrent que ce qu’on appelle communément intelligence est un concept ambigu du point de vue des sciences cognitives. Il y a de l’intelligence dans beaucoup de choses, le raisonnement, la main du sculpteur, la rigueur mathématique…

Pourtant, la maîtrise de la lecture reste indispensable pour un bon apprentissage dans tous les domaines d’activité du cerveau humain.

Surprise

Une équipe de chercheurs du Centre de recherche biomédicale de Lucknow, en Inde a mené une étude scientifique. Celle-ci publiée par la revue scientifique américaine Science Advances démontre que lire serait extrêmement stimulant pour le cerveau.

Les chercheurs ont suivi une vingtaine d’adultes illettrés. Ceux-ci apprenaient à déchiffrer les lettres, à composer des mots et à apprendre les règles élémentaires de la grammaire.

Ils ont ainsi pu observer que cet effort intellectuel entraînait une multiplication des connections dans différentes régions du cerveau.

À l’échelle de l’humanité, rappellent les auteurs de cette étude, l’écriture est un phénomène  « relativement récent. La surprise, c’est que l’apprentissage de la lecture a un effet sur des régions du cerveau. Elles existaient déjà il y a plusieurs millénaires, celles qui nous permettent par exemple de faire la différence entre un lapin et une vipère ».

Lecture : la « puissance » du livre

Parallèlement, des chercheurs de l’université d’Evory aux Etats-Unis ont mené une étude. Elle a été publiée dans la revue américaine Brain Connectivity.  Cette étude démontre que la lecture d’un roman entraîne des modifications importantes au niveau cérébral.

« Les histoires façonnent nos vies, et dans certains cas, nous aident à nous définir. La lecture est capable de transporter le lecteur dans l’environnement d’un personnage et surtout lui faire ressentir les mêmes sentiments que ce dernier », expliquent les auteurs de cette étude.

Et de poursuivre : »Il semble possible que, quelque chose d’aussi simple qu’un livre peut donner l’impression que notre vie a été changée. Peut-être est-il alors assez puissant pour provoquer des changements dans le fonctionnement et la structure de notre cerveau? »

Un transport biologique ?

Pour étaler leur thèse, les chercheurs de l’université d’Emory ont mené une étude auprès de 21 volontaires durant 19 jours consécutifs. Les cerveaux des candidats étant observés à l’aide d’IRM. Les cinq premiers jours, l’imagerie cérébrale était réalisée pendant qu’ils étaient au repos. Les neuf jours suivant, ils ont été amenés à lire neuf passages de 30 pages de Pompeii, de Robert Harris. Un  texte qui combine des événements fictifs et dramatiques.

Au cours des matinées qui ont suivi la séance de lecture, une augmentation considérable du nombre de connexions neuronales dans la région du cortex temporal gauche a eu lieu.

Conclusion ? La  lecture d’un roman de fiction peut nous transporter dans le corps des personnages dans lesquels le lecteur se projette, au sens figuré. Pourquoi refuser alors l’idée que quelque chose puisse se produire biologiquement au niveau du cerveau ?

Passionnant….

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