Le système éducatif coréen, un modèle à suivre ou un enfer à éviter ?

Système éducatif L'Economiste Maghrebin

Les élèves et étudiants coréens n’ont qu’une idée en tête, à savoir atteindre l’excellence. En effet, en termes d’éducation, la Corée du Sud détient un classement enviable à l’échelle mondiale.

Ce système éducatif ne doit son succès qu’à une politique centrée sur la performance professionnelle. La Corée du Sud figure dans le top 5 du classement PISA  2013 (Programme international pour le suivi des acquis). Et ce, en mathématiques et en lecture. Elle se distingue également en sciences, mathématiques et compréhension de l’écrit à l’international.

En termes de conception de l’éducation, le système sud-coréen se distingue par l’importance de la charge de travail imposée aux enfants et aux jeunes adultes. Dès l’école primaire commence un chemin de dur labeur à la fois imposé par l’école, mais aussi par le système des hagwon. Celui-ci consiste en des cours dispensés par des établissements privés de soutien scolaire qui prennent le relais de 18h00  jusqu’à 22h00. Sans compter qu’outre les hagwon, les cours privés à domicile peuvent se dérouler de 23h00 jusqu’à 01 heure du matin.

Privés de moments de détente et de développement personnel, les enfants sud-coréens sont petit à petit amenés à renoncer aux petits plaisirs de la vie et à devenir adultes contre leur gré.

Par ailleurs, certaines familles n’ont pas les  moyens d’offrir ce type de soutien scolaire. Ce qui crée des inégalités sociales.

Autre effet pervers de ce système, les élèves ont en moyenne deux à trois ans d’avance sur le programme scolaire. La conséquence est un ennui profond. Et un désintéressement du programme dispensé dans les établissements scolaires.

Une étude menée par le ministère de l’Éducation annonçait que 40% des lycéens dormaient moins de six heures par nuit. Outre l’état d’épuisement physique, les Sud-Coréens sont en proie à l’épuisement psychique. D’où des taux élevés de suicide avec des victimes parfois au primaire.

Par ailleurs, en termes d’efficience des études, le classement de la Corée du Sud est moins bon. Il chute même à la 24ème place sur trente pays concernés. En effet, les élèves et étudiants sud-coréens se trouvent être moins performants dans l’art du débat. Sans parler de la réflexion et de la dissertation.

Ce système ressemble étrangement à celui instauré en Tunisie, avec la qualité en moins. Il s’agit donc de savoir s’il est pertinent de  continuer sur cette voie ou envisager de repenser entièrement la manière de transmettre le savoir en Tunisie. Si certains voient le système éducatif sud-coréen comme un modèle de réussite, d’autres le perçoivent comme un enfer, car il conditionne des enfants dès leur jeune âge à n’avoir qu’un seul et unique objectif, centré sur la réussite du concours d’accès à l’université.

Que souhaitons-nous finalement à travers notre système éducatif ? Produire des adultes performants ou des individus qui aiment ce qu’ils font ?

1 COMMENTAIRE

  1. Je pense à mon avis en tant que parent d’élèves et enseignant aussi, que actuellement en Tunisie il y a une différence entre ce qui est supposée être acquis et ce qui l’est réellement. Il suffit de voir les résultats au concours, 6ème et 9ème du niveau de base pour entrer aux collèges et lycées d’excellence. Le résultat est flagrant il y a plus de places que d’élèves excellents, et cela est du à la surcharge des classes, au manque d’expérience de certains enseignants. Et même au programme lui-même quelquefois. Et cela ne peut s’ameliorer que si le niveau de vie est plus élevé or l’inflation actuelle aggrave le problème. A mon avis il vaudrait mieux alléger le programme tout en gardant le même nombre d’enseignants et s’assurer de l’efficacité.

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