Sondage : les Tunisiens et la démocratie

syndicalistes L'Economiste Maghrébin

Les Tunisiens se sentent-ils plus libres? Comment évaluent-ils la performance du gouvernement dans la gestion des trois préoccupations les plus importantes. L’équipe d’Afrobaromètre en Tunisie, conduite par One to One for Research and Polling, s’est entretenue avec 1200 Tunisiens répartis sur 24 gouvernorats.

Tunisiens L'Economiste MaghrébinUn échantillon de cette taille produit des résultats avec des marges d’erreur de (+/-) 3% et un niveau de confiance de 95%. Selon les résultats de l’Afrobaromètre, la Tunisie n’est pas un pays démocratique pour 29% des Tunisiens. Alors que 24% des citoyens considèrent que le pays est démocratique, mais qu’il y a des obstacles.

En 2018, 46% Tunisiens affirment préférer la démocratie à tout autre système. Alors qu’en 2013, ils étaient 71% à préférer la démocratie. En d’autres termes, six Tunisiens sur dix, soit 62%, voient que le pays n’est pas démocratique ou encore est démocratique avec des problèmes majeurs. Quant à la proportion de ceux qui maintiennent cette affirmation, elle a doublé pour atteindre 29% contre 14% en 2015. En clair, 51% des citoyens ne sont pas satisfaits de la pratique de la démocratie.

Evoquant la question des élections, deux tiers des Tunisiens préfèrent des élections libres, transparentes et régulières comme meilleur moyen de choisir les leaders, soit un déclin de 30 points de pourcentage depuis 2013.

Les Tunisiens tiennent à la démocratie

57% n’étaient pas intéressés par les élections municipales et 84% des sondés ne sont pas du tout informés.

En somme, les principaux résultats ont montré que le soutien à la démocratie est clairement en baisse. De ce fait, l’Afrobaromètre conduit en 2013 et 2015 montre que 71% des Tunisiens pensaient que la démocratie était le meilleur système de gouvernance. Et en 2018, ils ne sont plus que 46%. 

Huit Tunisiens sur 10 estiment que le pays se dirige dans la mauvaise direction

« Aujourd’hui, on tire la sonnette d’alarme, mais le recours aux élections demeure le plus approprié », affirme Youssef Meddeb, directeur général et fondateur de One to One.

Il déclare: « Paradoxalement, avant les municipales, les Tunisiens ne portaient pas d’intérêt aux élections; mais surtout plus de 80% n’avaient pas d’information sur ces élections. D’où le taux d’abstention important, avec une image de l’ISIE affectée, notamment avec la démission des quatre membres. »

Interrogé sur le désintérêt des jeunes?  Il a répondu: « L’étude montre que  la situation économique du pays n’est pas du tout bonne pour les trois quarts des Tunisiens sondés, car on a touché à leur quotidien. »  Il précise en effet que huit Tunisiens sur 10 disent que le pays se dirige dans la mauvaise direction. 

 

Les trois principaux problèmes du pays sont:  la gestion de l’économie (58%); le chômage à 37%; et la corruption à 22%. M. Meddeb a fait savoir que la performance du gouvernement de 2015 à 2018 ne rencontre pas la satisfaction des Tunisiens. « Et ces trois facteurs sont les principaux problèmes de la Tunisie », a-t-il poursuivi. Selon l’étude, 80% des Tunisiens ne sont pas satisfaits de la performance du gouvernement en 2018, contre 65% en 2015. 

Il conclut: « Or, tant que la situation économique va mal, la satisfaction de la démocratie n’est pas toujours évidente. »

Ces défis se combinent pour jeter un voile d’incertitude sur le processus démocratique en Tunisie, notamment avec l’approche des élections législatives et de la présidentielle prévues pour 2019. Certains analystes ont attribué la faible participation des électeurs aux récentes élections municipales à l’incapacité des candidats à résoudre les problèmes économiques pressants du pays.

 

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