Pétrole – Affaire Halk Al Menzel : lorsque le doute s’installe

Halk Al Manzel
Vague de sympathie avec les responsables limogés qui a apparu sur les réseaux sociaux.

La dernière affaire de ” Halk Al Menzel “ vient de nous le rappeler : suppositions et supputations peuplent notre vie politique. Certains peuvent penser que tout cela est de bonne guerre. Certes. Mais à condition que toute la vie publique ne soit pas gagnée par la suspicion et la méfiance.

Et si c’était ceci et si c’était cela“. Les réactions à la décision du chef du gouvernement de limoger de hauts responsables du secteur de l’énergie, le 31 août 2018, dans l’affaire de ” Halk Al Menzel “, ne sont faites que de suppositions et de supputations.

Un proverbe français a beau dire « Avec des si, on pourrait mettre Paris en bouteille », rien n’y fait. Les réseaux sociaux, les médias, la rue pensent qu’il y a là peut-être anguille sous roche.

Le contexte s’y prête bien

En clair, on pense ici et là que les intentions du limogeage ne sont pas celles que l’on veut faire admettre à l’opinion. Cette dernière, pourquoi le cacher, doute désormais de tout.

Il faut dire que le contexte s’y prête bien. Et le constat ne dit pas que le doute n’a pas sa raison d’être. Tout le monde sait que la rentrée sera des plus chaudes pour un chef de gouvernement qui vient d’être soumis au dictat du Majless Choura du mouvement « Ennahdha »  quant à son maintien et qui subit les pressions d’une UGTT qui évoque l’éventualité d’une grève générale.

Les prochains jours montreront si oui ou non l’affaire de ” Halk Al Menzel ” est pour ainsi dire une manœuvre pour gagner du terrain face à des adversaires. Toujours est-il que le doute qui accompagne, ici et là, les faits et gestes du chef du gouvernement n’a cessé d’exister. Une de ses manifestations est sans doute la vague de sympathie qui est apparue sur les réseaux sociaux concernant les responsables limogés. Jugés au-dessus de bien des soupçons.

Politique et basses besognes

Certains peuvent penser que tout cela est de bonne guerre. Certes. Mais à condition que toute la vie publique ne soit pas gagnée par la suspicion et la méfiance. Ce qui est bien le cas aujourd’hui. On pourrait ne pas du reste se rendre compte tant le mal a gagné des pans entiers de la société.

Un mal du reste gravissime dans la mesure où rien de vraiment sérieux ne peut être entrepris dans ce contexte. Deux réflexions peuvent, au moins, être mises en évidence dans ce cadre.

D’abord, un certain nivellement de la politique par le bas. Ce qui favorise une confusion entre les bons et les mauvais politiques et dirigeants. Idem pour les idées et projets initiés. Tout est suspect! Ce qui revient à dire que le même sac– poubelle- est là pour  accueillir les uns et les autres.

Ensuite, une certaine démobilisation lorsqu’on souhaite conduire des engagements en vue de réaliser le bien commun. Pourquoi au fait se mobiliser puisqu’il ne pourrait s’agir que de manœuvres? La politique devenant de ce fait classée dans les basses besognes.

Nous sommes bien loin des idéaux de la révolution et de cet extraordinaire mouvement né le 14 janvier 2011 et salué par le monde entier.

Dans un ouvrage sur le Printemps arabe, publié, en juin 2018, par le Think Tank marocain, OCP Policy Center, sous le titre ” Mutations politiques comparées au Machrek et au Maghreb “,  on peut effectivement lire ceci : “Les Révolutions arabes ont réussi à fédérer les citoyens qui n’avaient potentiellement rien en commun, et qui ne se seraient pas retrouvés ensemble dans un autre contexte”.

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