Agression contre un binational : deux poids, deux mesures

Agression contre un binational

Il s’agit d’une agression contre un binational. Les dépassements des forces de l’ordre sont devenus monnaie courante par les temps qui courent. Les rapports des ONG et les témoignages des citoyens en sont pleins. Et pourtant, cette agression contre un binational ne doit pas être passée sous silence. 

L’expert en leadership et communication Lotfi Saïbi a relaté les détails d’une agression qu’il a subie de la part d’un agent de la Garde nationale. Joint par téléphone, il nous a assurés de la véracité des faits. Nous vous livrons son témoignage.

Un scénario digne d’un film d’action

« Détails de l’incident – Attaque à bombe à gaz par un agent de la garde nationale (Minuit 30, Berges du Lac)

Un agent de la garde nationale s’est offensé de mes remarques parce qu’il conduisait à contresens et à toute vitesse. Il aurait pu causer un grave accident et peut-être même la mort de quelqu’un. Ainsi, une course-poursuite à travers les Berges du lac 1 et 2 de 12 minutes a commencé. Devant le poste de police du Lac 1, il m’a attaqué en m’aspergeant le visage avec une bombe à gaz. Il s’attendait à ce que les officiers – زميل comme il l’a si bien prononcé- ensevelissent l’histoire.

Sachant que j’étais face probablement à des manœuvres entre collègues, j’ai menacé d’appeler la US Embassy pour venir à ma rescousse.

Les agents ont finalement collaboré et mon jeune agresseur a pu réaliser qu’il s’était planté. Il s’est donc agenouillé devant moi, m’implorant de lui pardonner, parlant de sa mère malade, sa femme et ses enfants. Il a même pleuré… Cela a duré trois interminables heures.

La sensation de brûlures et de picotements, l’asphyxie s’étaient apaisés. Ma rage s’aggravait sachant qu’une telle personne est censée protéger mes concitoyens, défendre les innocents et faire respecter la loi.

Ma colère n’était plus contre lui. Mais contre la déception de cette distance qui nous restait à parcourir pour arriver à bon port.

Et s’il détenait une arme à feu au lieu de la bombe à gaz ? Finalement, j’ai pardonné et cédé après m’être entretenu avec sa petite famille. Pendant tout ce temps, sa famille était dehors à attendre le dénouement. »

Agression contre un binational qui incite à réfléchir

Cette histoire interpelle à plus d’un titre. En premier lieu, l’agression policière est inadmissible. D’ailleurs l’intervention musclée des agents de l’ordre est bel et bien réglementée et elle est soumise à des codes. Même avec les criminels, l’intervention musclée des agents de l’ordre est codifiée. Que dire alors d’un citoyen sans défense?

En deuxième lieu, il existe un élément qui interpelle. Le changement subit du comportement du policier après avoir compris qu’il a à faire à un Tunisien ayant la nationalité américaine. Pis encore, ce citoyen menace de recourir à l’ambassade américaine. Faut-il qu’on devienne des binationaux pour éviter les agressions des forces de l’ordre?!

Ainsi, il  est légitime de parler de deux poids, deux mesures. L’agent de la garde nationale n’a pas eu peur parce qu’il a enfreint la loi, mais parce qu’il a compris que l’ambassade américaine pourrait intervenir. L’ambassade étrangère fait plus peur que la sanction d’une infraction à la loi tunisienne !?

En conclusion, ces violations ne sont pas représentatives de la majorité du travail abattu par la garde nationale. Cependant, le ministère de tutelle est appelé à mettre en place une stratégie efficace pour la lutte contre ces dépassements.

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