Ahlem Hachicha Chaker : « L’Accord de Carthage 2 a échoué »

Ahlem Hachicha Chaker L'Economiste Maghrébin
Ahlem Hachicha Chaker

L’annonce est un véritable coup de tonnerre pour les signataires de l’Accord de Carthage.Un terrain d’entente n’a pas été trouvé sur certains points. Ce qui nous conduit à la suspension de la réunion et probablement du processus en lui-même. Aujourd’hui, l’Etat est en crise, mais l’a-t-on définie? De quelle crise parlons-nous précisément? Elle est multiple, car la crise est sociale, économique, mais elle est aussi morale, crise de confiance, et avant tout et surtout, elle est une crise de politique… Que pense Ahlem Hachicha Chaker, Directrice Exécutive de l’Institut des Politiques du Parti  Machrou3 Tounes, tout de suite après l’annonce de la suspension de l’Accord de Carthage 2?

Ahlem Hachicha Chaker a souligné que le pays a rarement été dans une situation aussi délicate. Elle précise dans ce contexte: « Et pourtant, au lieu de porter l’attention à trouver des solutions, à relancer l’investissement, à créer des emplois, à assainir les finances publiques, à restaurer un climat sain, les institutions de l’Etat ont été entraînées dans un simulacre de dialogue, une mise en scène dont la seule utilité est de permettre aux parties prenantes de marquer leur territoire, de se disputer les postes et les influences. »

L’Accord de Carthage 2 

Selon elle, ce qui se passe à Carthage n’est absolument pas constructif. « Le Parti Machrou3 Tounes a été clair en annonçant depuis des mois son retrait de ce processus et en se démarquant de cette approche. Ce processus est un échec. Il a échoué à fournir au pays une orientation », poursuit-elle. 

Et d’ajouter: « L’épisode d’aujourd’hui ne fait que confirmer cet échec. Il est toutefois regrettable de constater que cela ne fait que renforcer la crise, entretenir le flou qui empêche les institutions d’agir et d’avancer. Cette approche de calcul partisan qui a créé cette situation de crise, ne peut pas être la solution pour en sortir. ».

Mme Hachicha Chaker conclut: « Comme nous le répétons depuis des mois à Machrou3, il est indispensable, je dirais même urgentissime, de mettre en place un gouvernement de crise, un gouvernement neutre, avec des compétences incontestables, à même de remettre l’Etat sur les rails, d’assainir sa gouvernance, de booster l’économie, réformer l’administration et les services publics, renforcer l’investissement et les infrastructures… La fenêtre d’opportunité se referme progressivement mais cela reste encore possible. »

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