Des non-jeûneurs veulent dé-jeûner en paix

Plus d’une centaine de non-jeûneurs appelle à manifester pour le droit de ne pas jeûner publiquement. Tel est l’objectif de la manifestation d’aujourd’hui organisée par le collectif #Mouchbessif (pas de force). 

Manger, décider de ne pas jeûner tout le long du mois du ramadan, révèle une charade difficile à maintenir pour une bonne partie des Tunisiens. Et oui, les heures sont longues, mais plus encore la tentation de trouver un endroit pour boire un café ou manger, paraît une tâche difficile. Mais voilà comme chaque année, des policiers ferment des établissements restés ouverts, en application d’une ancienne circulaire datant de 1981 qui ordonne la fermeture des cafés durant le ramadan. 

Un sujet qui fait polémique, sujet de discussions intenses entre les députés et le ministre de l’Intérieur récemment à l’ARP. Ce dernier avait justifié la fermeture des cafés par le risque de provoquer des attentats, tout en déclarant qu’il n’y avait pas de poursuite contre les cafés ouvrant dans la discrétion. 

Il est vrai que ce zèle judiciaire et policier se déploie en l’absence de textes, même si l’article 6 de la Constitution est clair: « L’État est gardien de la religion. Il garantit la liberté de croyance, de conscience et le libre exercice des cultes ; il est le garant de la neutralité des mosquées et lieux de culte par rapport à toute instrumentalisation partisane.

L’Etat s’engage à diffuser les valeurs de modération et de tolérance, à protéger le sacré et à interdire d’y porter atteinte, comme il s’engage à interdire les campagnes d’accusation d’apostasie et l’incitation à la haine et à la violence. Il s’engage également à s’y opposer. »

Il est à noter qu’à ce jour aucune loi n’interdit de manger ou boire en public en Tunisie durant le ramadan. Mais, face aux contrôles stricts des autorités, la plupart des cafés et restaurants ferment tandis que d’autres dissimulent leur vitrine durant la journée.

Rappelons qu’il y a un an de cela et durant le mois de ramadan cinq personnes avaient été condamnées à un mois de prison pour avoir mangé ou fumé en public.

 

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