Municipales : clichés instantanés à Kairouan

Municipales kairouan

« A entendre quelques candidats, on croirait avoir affaire à une Présidentielle, les projets coûteux pleuvent, comme s’il s’agissait d’une élection pour la ville de New York », ricane Fethi. « J’ai entendu un candidat parler de projets agricoles dans une commune où les mètres carrés d’herbes sont déjà bien rares », sursaute Sahbi.

Dimanche 29 avril 2018. Il est 11 heures, Kairouan, et sous un soleil qui se fait bien remarquer, quelques représentants de listes pour les Municipales du 6 mai 2018 arpentent le souk qui va de « Bab Jeladine » à « Bab Tounes ». Et bien au-delà : puisqu’on les retrouve au niveau de la Place de la « Rahba » et jusqu’à proximité du quartier d’Al Haddadine » (les forgerons) en train de prêcher la bonne parole.

Sourire amusé d’un quadragénaire occupé à rechercher une chemise qui peut lui aller dans un étal de friperie, tout en maintenant bien droite sa vieille bicyclette : « A quoi cela va pouvoir servir ces Municipales? On a voté par deux fois sans réel changement. Au contraire, cela a empiré! »

Des propos semblables sont avancés chaque fois qu’une discussion est entamée au sujet des élections du 6 mai. « Moi, je pense que cela va être un échec au niveau de la participation. L’abstention dominera les débats », pense Imed, jean délavé et pantalon noir, attablé au café Taktak, à la Place Jeladine.

Un peu plus loin, Fethi, artisan pâtissier, qui achète son pain à la boulangerie d’Al Gargabya, pas bien loin de Bab Jeladine, n’est pas très chaud pour aller voter et dit ne pas se reconnaître dans la dizaine de listes qui se disputent la municipalité de Kairouan.

« Comme s’il n’y avait ni délégué, ni gouverneur, ni société civile. Des amateurs »

« A entendre quelques candidats, on croirait avoir affaire à une Présidentielle, les projets coûteux  pleuvent, comme s’il s’agissait d’une élection pour la ville de New York », ricane-t-il.

Un ami, du nom de Sahbi, instituteur, barbe de quelques jours et cheveux gris, se mêle de la discussion : « J’ai entendu, il a deux jours, un candidat de Jendouba, dire que le gouvernorat où il se présente a de quoi être un… Etat. Des gens se sont mis à rêver ». « Comme s’il n’y avait ni délégué, ni gouverneur, ni société civile. Des amateurs », souligne-t-il.

Avant de s’empresser d’ajouter : « J’ai entendu un candidat parler de projets agricoles dans un commune où les mètres carrés d’herbes sont déjà bien rares », sursaute-t-il.

Banquier aujourd’hui à la retraite, Mohamed, la soixantaine, venu rendre visite à sa belle famille à « Al Mansoura », un quartier de Kairouan, souligne que les Municipales ne vont rien donner : « d’abord, l’été est à nos portes et rien de bien bon ne peut se faire tout le long de cette période de l’année. Ensuite, les Municipales vont être rattrapées, en septembre prochain, par les Législatives et la Présidentielle de 2019. Autant dire que les faits vont enterrer ce vécu démocratique des élections locales. »


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