Ayda Ben Chaabane: « Il ne suffit pas de constitutionnaliser l’égalité homme-femme… »

Ayda Ben Chaabane L'Economiste Maghrébin

Il faut du courage et de la persévérance pour faire une campagne de sensibilisation incitant les citoyens à aller voter. Ayda Ben Chaabane, présidente du Réseau Coalition pour les Femmes de Tunisie, a sillonné presque l’ensemble du territoire tunisien, en allant de Kebili, en passant par Gafsa, Jendouba, Kairouan, Mahdia et enfin jusqu’au Grand Tunis… Interview. 

leconomistemaghrebin.com : En quoi consiste le projet « PARFAIT » (Participation des Femmes pour l’Avancement et l’Innovation de la Tunisie) ?

Ayda Ben Chaabane : PARFAIT un projet dont les partenaires sont le Réseau coalition pour les femmes de Tunisie, un ensemble d’associations œuvrant pour l’égalité entre femmes et hommes et ayant pour référentiel les droits universels de l’Homme, fondé en 2012 en partenariat avec l’Agence européenne de la démocratie locale (ALDA) et the European Partnership for Democracy (EPD) cofinancé par l’Union européenne. Son objectif est l’implication des femmes dans l’espace public, en tant que candidates et électrices, mais aussi en tant qu’actrices pouvant accéder aux postes de décision. Le projet a été lancé en novembre 2017 et son champ d’action est les gouvernorats de Kebili, Gafsa, Jendouba, Kairouan, Mahdia et le Grand Tunis.  
De n
ombreuses formations relatives au leadership féminin, aux droits des femmes, à la communication, au code des collectivités sont organisées dans six gouvernorats par la coalition pour les femmes de Tunisie. D’autres formations sont également organisées sur l’écriture de projets et la démocratie participative assurées par ALDA. Le ministère de la Femme et de la Famille est aussi partenaire de ce projet. 

L’un des premiers volets de ce projet est les élections municipales. Une campagne de sensibilisation a eu lieu sur le terrain dans les six gouvernorats pour exhorter les citoyennes et les citoyens à aller voter. En effet, le travail sur le terrain nous a permis de constater que ces actions sensibilisaient autour des enjeux des élections municipales et de l’importance de l’implication des femmes et hommes pour faire réussir la transition démocratique. Il y a grand déficit de communication. Nombreux sont ceux et celles qui n’avaient aucune idée sur les articles du code des collectivités locales. Cet effort de communication et de sensibilisation pourrait beaucoup changer la donne puisque le fondement même de tout changement et d’édification démocratique est le citoyen.

Comment évaluez-vous cette expérience ? 

Après avoir sillonné toutes ces régions, le constat est assez désolant car la plupart des citoyens n’ont pas été sensibilisés. Ils se sentent marginalisés par les acteurs du paysage politique et par la société civile. Certains ne sont pas convaincus de leur rôle fondamental en tant que citoyens à pouvoir influencer la vie politique. L’effort consenti dans ces régions nous a permis d’identifier les besoins des citoyens dans ces régions. Cela permettra, en conséquence, de mieux cibler. 

Si j’avais à choisir un mot qui définirait notre réseau je dirais combativité. En fait ce réseau n’a jamais cessé, depuis son édification, d’être de tous les combats relatifs aux droits des citoyens et notamment des femmes tunisiennes à la liberté, à l’égalité et à la dignité. Notre effort a réussi jusqu’à maintenant à avoir un impact important dans toutes les régions. Après avoir lutté pour constitutionnaliser l’égalité, le plus important est d’appliquer ce droit.

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