Vers un partenariat Tunisie / Pays subsahariens dans le secteur de la santé

Parlons en du secteur de la Santé lors du Forum Economique africain

Quelles sont les initiatives qui peuvent être nouées entre la Tunisie et les pays subsahariens? Quelles sont les contraintes qui empêchent de le faire ainsi que les solutions qui peuvent être mises en place?

Ce sont des professions qu’on voit peu dans les médias, mais voilà qu’il sont présents au African Economic Forum du 24 au 25 avril 2018 à Tunis. Il s’agit des professionnels de la santé, notamment des représentants de laboratoires, des médecins, pharmaciens, etc. Plusieurs pays subsahariens, à l’instar du Sénégal, de la Côte d’Ivoire et bien d’autres y participent. D’ailleurs, les représentants de nombreux secteurs du monde des affaires ont eu l’occasion de réfléchir et d’échanger sur des approches visant à stimuler l’investissement dans leurs pays respectifs, notamment en mobilisant les ressources publiques et privées nécessaires.

Les discussions ont porté sur les défis entourant la croissance économique impulsée par le secteur de la santé, en présentant « des exemples réussis et innovants dans le court terme, pour explorer une voie à suivre », note Imed Hammami, ministre de la Santé. Selon lui, l’engagement de la Tunisie est d’assumer pleinement son rôle à l’échelle internationale et de mettre en œuvre ses compétences et son expérience en la matière.

Présente lors du panel, Sarra Masmoudi, General Manager du laboratoire Teriak et présidente de la Chambre nationale de l’industrie pharmaceutique rattachée à l’UTICA, déclare qu’un tel événement permet de promouvoir l’engagement de la Tunisie à s’installer dans les pays subsahariens, mais aussi de donner une bonne image du médicament tunisien qui peut être facilement utilisé dans ces pays. Elle précise à cet égard: « Nous pensons qu’il y a un autre modèle d’exportation comme ceux des médicaments. Il faut qu’on soit les partenaires de ces pays pour répondre à leurs besoins, à savoir  l’autonomie en médicaments qui soient de qualité et à un prix accessible. »

« L’installation des entreprises tunisiennes dans ces pays apportent de la valeur ajoutée », ajoute Mme Masmoudi, lors du panel. Et de poursuivre: « Le modèle réussi est de nous installer localement et de faire en sorte de fabriquer sur place,  ou d’importer des produits semi-finis et les réexporter pour obtenir un modèle plus évolué. »

Quant aux contraintes soulevées, à savoir les problèmes du transport et du  financement, les difficultés  que rencontre la Banque centrale  sont liées à la réglementation des changes. De ce fait, Mme Masmoudi a rappelé que si les entreprises investissent en Tunisie, c’est parce nous avons une réserve en devises qui est faible, si on veut se développer à l’international, il va falloir régler ce problème. 

De son côté, à la fin du panel, le ministre du Commerce, Omar Behi, a annoncé l’ouverture de trois nouvelles lignes directes vers l’Afrique, par la compagnie nationale Tunisair, à savoir vers le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Ghana, ainsi que l’ouverture d’une ligne maritime vers l’Afrique de l’Ouest.

Et indépendamment de ces trois nouvelles destinations, la Tunisie a récemment lancé des liaisons avec la Guinée et le Bénin. Pour conclure, il a déclaré: « L’objectif de ce forum n’est pas de signer des conventions, mais de nouer des contacts, d’établir des échanges économiques et commerciaux interafricains qui, aujourd’huui, ne dépassent pas les 13% pour l’ensemble du continent. »

Radhi Meddeb, commissaire du forum, a rappelé lui aussi que l’intérêt est de « faire se rencontrer l’Afrique avec l’Afrique pour promouvoir les partenariats économiques, les investissements et les échanges commerciaux ». 

Notons qu’au niveau de la participation, on compte 800 acteurs économiques africains venant de 38 pays du continent, des secteurs privé et public, et de différents domaines dont le bâtiment et les travaux publics, les nouvelles technologies, la santé, l’enseignement supérieur et l’agriculture.

Par ailleurs, rencontré à l’issue du forum, Antonioni Carl Bassit, Chef du département de Pharmacie Hospitalière – Hôtel Dieu Abidjan, a déclaré: « A travers ce forum, nous cherchons à améliorer nos coopérations, mais le plus important reste d’avoir une coopération humaine plus que technique, via le savoir-faire des médecins tunisiens reconnu mondialement ». Interrogé sur les types de partenariats, il a répondu: « Nous comptons mettre en œuvre deux ou trois ébauches de partenariat, soit via la formation continue des spécialistes entre les deux pays; soit avec deux cliniques tunisiennes pour la prothèse totale du genou et de la hanche, ainsi que pour le traitement du cancer à un stade avancé et la radiothérapie. En somme, nous voulons augmenter nos capacités d’accueil pour les médecins tunisiens et surtout créer une vraie plateforme tuniso-ivoirienne d’échanges et veiller à ce que ces partenariats s’activent. » 

Ils sont plusieurs, comme Antonioni Carl Bassit, à vouloir battre le fer tant qu’il est chaud et tirer profit de ces échanges économiques.

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