Watfa Belaïd: “Les municipales porteront un coup fatal à la démocratie”

Watfa Belaïd L'Economiste Maghrébin

Les Tunisiens connaissent-ils leur droits de citoyen aux élections municipales ?  Watfa Belaïd, présidente du comité central du parti Machrou3 Tounes tire la sonnette d’alarme en déclarant : “Nous sommes convaincus que ni le pays ni les électeurs ne sont prêts.”

Selon elle, les causes sont multiples. D’abord, le manque de neutralité de l‘Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) et de l‘Instance régionale indépendante pour les élections (IRIE) a laissé la voie libre à la non-transparence durant les campagnes électorales, en faveur des deux partis au pouvoir. Elle précise à cet égard: “La première remarque cible directement l’ISIE qui ne contrôle plus rien, en donnant plus de prérogatives à l’IRIE. Ce qui nous conduit à un déséquilibre de la délocalisation. Autrement dit, certaines communes bénéficieront plus d’avantages que d’autres. A mon avis, cela va être un coup fatal à la démocratie et le risque d’un retour en arrière. D’où le blocage du processus de la transition démocratique.”

Elle ajoute que si le parti Machrou3 Tounes participe aux élections municipales, c’est à contrecœur. Elle souligne: “Nous nous trouvons obligés de participer. Et si nous ne le faisons pas, ils nous accuseront de vouloir bloquer le processus démocratique.”

Et de poursuivre: “Nous refusons que l’ISIE s’immisce dans le programme électoral. Tout comme, nous avons le droit de critiquer- et cela au nom de la liberté d’expression- quand nous jugeons le bilan gouvernemental négatif, à cause de la coalition des deux partis politiques au pouvoir Nidaa Tounes et Ennahdha, qui n’ont fait qu’enfoncer le pays dans le chaos.”

Ainsi, il s’agit du retour d’un populisme”, ajoute-t-elle; en déclarant: “Le paysage politique reflète l’immaturité des partis au pouvoir. Et avec les élections municipales, le pays est pris en otage par la mainmise de Nidaa Tounes et d’Ennhadha qui vont se partager les régions. “Pour elle, la solution pour mettre fin à une situation sans issue, est que l’ISIE soit plus efficace pour le bon déroulement des élections. Mme Belaïd conclut: “Si l’ISIE n’agit pas immédiatement dans le bon sens, nous craignons que cela n’entraîne les mêmes résultats que pour les législatives et présidentielle. Et ça sera une fois de plus un coup fatal à la démocratie.”

Par ailleurs, un autre volet sur la participation des ministres et du chef du gouvernement lors des campagnes électorales, Mme Belaïd s’est indignée tout en s’interrogeant sur une question existentielle,  à savoir les partis avant la patrie ou le sens inverse. Il y a beaucoup de citoyens qui se le demandent à quelques jours des municipales, qui devraient le jour prochainement. Avons-nous la réponse à cette question? 

 

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