2O minutes, quelques poussières, et du fiel à revendre

élections municipales
photo d'archives

Femmes candidates sans visage et une campagne pour les municipales qui vient de boucler sa première semaine sans…visage. Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?

Amertume haineuse, sourde animosité, allusions perfides, et pour faire simple, méchanceté ; Cela s’appelle déverser son fiel selon le Larousse. On achève bien la nébuleuse islamo-takfiriste. Tout se passe dans ce pays comme si on voulait que l’abcès frèriste se démultiplie quitte à faire des métastases partout où il passe.

Pour faire bonne figure et rassurer ceux qui doutent encore, on fait appel à la femme pourtant objet de tous les ressentiments et de tous les désirs enfouis. Entre femme avenir de l’homme et femme meilleur de l’homme, on  a décrété qu’elle sera le complément ; par la force des choses. Démon tout le temps, ange à ses heures, élections municipales oblige.

Qui mieux qu’Eve et un juif du terroir pour arnaquer tout son monde ? Mais un éléphant, ça ne peut pas tromper tout le temps. Femmes pour séduire et des supplétifs pour nuire. Le califat mâtiné d’un zest de démocratie, d’égalité et de parité entre les deux sexes le tout mélangé à la sauce islamiste, et vous aurez une démocratie locale bien en marche. On ne nait pas radicalisé, on le devient. Tout se passe, comme si Dieu habitait  Montplaisir et ses dépendances. Alors, on envoie au charbon un Hizb Ettahrir, et on se donne le beau rôle en se parant des oripeaux de la chasteté immaculée.  Et surtout, on reste intouchables, indéboulonnables.

Une mélodie en sous-sol avec quelques courants d’air. Heureusement qu’il y a quelques gardes-chiourmes comme ces gars du Hizb pour faire diversion en jouant les agitateurs invétérés. L’enfer, c’est pour les autres. On joue l’intimidation et on use de la menace. Et ça marche. On achève bien les corrompus politiques, économiques, médiatiques et que sais-je encore ! Il y a bien des têtes de turc pour faire illusion, et de vrais turcs pour faire invasion avec la bénédiction du grand manitou qui vient de nous dire béat, que les Tunisiens adorent Ennahdha et ses sœurs. Et on ne va surtout pas dire qu’on ne savait pas.

Sous d’autres cieux où la transparence veut dire encore quelque chose, on achève bien les anciens présidents qui ont vite oublié que la vie de châteaux, cela se paie. Quand pour d’autres, c’est pour qui sonne le glas, ici, en Tunisie, dans ce pays qui est le mien et le votre, c’est à qui mord le plus dans le fruit défendu ; à pleines dents et à temps plein. Crimes sans châtiment et le point limite zéro. Alors qu’au pays des Al Saloud, on vient de déclarer le wahabisme persona non grata, et renvoyer d’outre-tombe, Mohamed Ibn Abdewaheb à ses chères études, dans nos murs, nos islamistes maison, veulent jouer les prolongations en offrant gite et couvert aux fidèles parmi les fidèles.

La viande pourrie revient toujours parmi les siens ; parole de cheikh. Bienvenu aux revenants. Comme au bon vieux temps des matins brumeux londoniens dans ce londonistan d’antan, quand on fermait l’œil au nom du Habeas Corpus cher à la perfide Albion. A Finsbury Park, on cogitait sur le califat, le djihad et le salut de l’au-delà tout en riant sous cape. Les lendemains d’enfer, valaient bien une messe. Pour que le phénix renaisse de ses cendres. Mais le crépuscule est passé par là, et au pays de sa Gracieuse Majesté, on a pris la mesure du danger. Et la révolution arriva avec son laboratoire d’expériences plus ou moins ratées.

Au pays des réformateurs les plus éclairés du monde arabo-musulman, on caresse toujours le rêve d’un califat sublimé. Foutaise. Sexe, mensonges et vidéo. Vendredi 13 avril, à Sousse, 13h 45, cité jawahra, à quelques encablures du centre –ville ; un soleil radieux, une foule attroupée et un embouteillage monstre pour voir l’innommable, et un califat présent comme aux plus beaux jours de la Troika de tous les dépassements, de toutes les déviances. Allahou akbar, vive le califat…tous les ingrédients du discours salafiste pur et dur, au nez et à la barbe des autorités locales. Vive les élections !

Les barbus sans barbe sont de retour, le Hizb is back, et rira bien qui rira le dernier. Merci les municipales, merci les autorités régionales qui ont mis vingt minutes et quelques poussières pour enfin réagir. Assez de temps pour permettre à ceux qui ont déclaré la guerre à la République civile et à ses institutions de faire le plein et de vider tout leur saoul.

Du fiel, devant des passants et des automobilistes comme tétanisés ; probablement par tous ces drapeaux noirs et tous ces étendards tous aussi noirs comme pour dire que Daech est bien parmi nous, fi houmetna, dans notre quartier. Ni protestations, ni klaxons. Silence des agneaux.

Vendredi 13 avril, ce jour là, j’ai saisi combien des Tunisiens pouvaient être lâches. Mais que faire face à la couardise ? Au loin, j’aperçois une voiture de  police qui arrive en trombe, à toute vitesse, sans crier gare ; après vingt interminables minutes.

Bien parti pour les municipales, bien parti pour les infractions en tous genres. Civilité de l’Etat, sauvegarde de la République, guerre contre l’obscurantisme, guerre contre le terrorisme ? Mon œil ! A Montplaisir, on veille au grain. L’histoire elle aussi, veille au grain pour que l’on n’oublie pas. Avec la découverte récente de dix sites archéologiques dans le Sud du pays, cela ne risque pas d’arriver. Pour que la mémoire reste vivante.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here