Ralph Schor, la théologie catholique de l’immigration

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Dans le cadre du séminaire annuel coorganisé par le laboratoire HESM et l’école doctorale de la FSHST : “Migrations méditerranéennes : contraintes institutionnelles, parcours individuels et collectifs et défis humanitaires”, Ralph Schor, professeur émérite à l’Université de Nice Sophia Antipolis, a présenté, mercredi 11 avril 2018, au Centre Arabe de Recherche et d’Etude des Politiques, une communication intitulée : “La théologie catholique de l’immigration”.

Le sujet est d’importance, vu que l’émigration est devenue la question de l’heure. Elle affecte et aliène les relations euro-méditerranéennes. En effet, l’accord de Barcelone ne bénéficie guère d’une vision partagée des deux rivages de la Méditerranée.

Au-delà des positions de l’extrême droite et des positions de surenchères qu’elle met en œuvre, le professeur Ralph Schor, tente de corriger le tire, en rappelant, les positions de l’église sur la question. Il montre que l’émigration est un de ses grands thèmes. Elle  fait valoir l’unité et la solidarité du genre humain. La dignité de la personne humaine est sacrée. La messe de Jésus Christ s’adresse à tout le monde. Saint-Paul a dit : « Dieu n’a pas créé les frontières ».

A l’appui de cette affirmation,  cette déclaration éloquente : « Tu aimeras ton prochain, comme toi-même ».  Jésus a dit : « J’étais étranger et vous m’avez accueilli ».  Le professeur Schor fait valoir le principe essentiel de l’émigration. Dans l’Evangile, les gens passent leur temps à émigrer, dit-il.  Jésus est un prophète itinérant : « Je n’ai pas, dit-il, d’endroit où poser ma tète».  Suivant l’enseignement de l’Evangile, le pape François voit dans l’immigré qui frappe à la porte, une occasion de rencontre avec Jésus. Il veut ouvrir, sans discrimination, les frontières de l’Europe, élargir le regroupement familial et « faciliter l’intégration, par une offre de la citoyenneté, dissociée des capacités linguistiques et économiques». Conclusion du chercheur : « L’émigré est un test d’affinité de l’Eglise avec l’Evangile ».

Néanmoins, il y a une démarcation évidente entre les chrétiens, confirme-t-il : ceux qui adhérent au discours de l’Evangile et évoquent une éthique de conviction. Ils sont favorables à l’accueil des immigrants. Doxa sociologique affirmée, par certains : « Ils préfèrent avoir tort avec le pape, que raison avec Valeurs actuelles », journal de droite hostile à l’émigration. Mais beaucoup d’Européens occultent ce discours et ne tiennent pas compte de l’héritage culturel catholique.  Exemple évident, les positions de l’extrême-droite et mêmes de larges franges de la droite : Ce qui explique les dérives des politiques, à la recherche de clientèles, transgressant l’universalisme du christianisme et faisant échec aux relations de l’Europe avec son voisinage méridionale. Nous pouvons, dans ce cas, parler du malentendu de Barcelone.

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Publié le 14/04/2018 à 10:41

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