Gaza : Wen Al-‘Arab ?

Depuis plus de dix ans, Gaza subit un blocus de la part d’Israël et de l’Egypte. Enclavée entre l’État d’Israël, la mer Méditerranée et l’Égypte, cette bande du territoire palestinien qui concentre une densité de population parmi les plus élevées au monde (avec 1,5 million d’habitants sur 45 km de long et 5 à 12 km de large, soit une superficie totale de 365 km²) refait vivre la cause palestinienne depuis le début, le 30 mars.

Dans le cadre d’une «marche du retour» destinée à commémorer la «Nakba» («grande catastrophe» de l’exode des réfugiés palestiniens en 1948), des dizaines de milliers de Palestiniens sont mobilisés le long de la bande de Gaza. Leur manifestation fondamentalement pacifique est réprimée dans le sang par l’armée israélienne. On dénombre près de 25 morts et plus d’un millier de blessés depuis le début de cette séquence par laquelle les manifestants palestiniens participent à une grande marche pacifique en faveur des réfugiés.

Le gouvernement nationaliste et d’extrême droite dirigé par Benjamin Néthanyaou a rejeté les appels internationaux à une enquête indépendante sur ces faits et le recours à la violence armée contre des manifestants pacifiques. Le cynisme du Premier ministre israélien l’a conduit à féliciter son armée. Un cynisme indigne d’un responsable d’un Etat de droit démocratique digne de ce nom.

La mobilisation perdure aujourd’hui et vise aussi le blocus israélien imposé à Gaza. Un blocus qui n’est rien d’autre qu’une sanction collective profondément inique subie par toute une population plongée dans le désespoir. Plus de 10 ans après la mise en place du blocus, Gaza atteint un point de rupture. Gaza est une «bombe à retardement» a même reconnu le chef d’État major de l’armée israélienne.

Le massacre intervient dans un contexte où le gouvernement d’extrême droite israélien jouit d’un sentiment d’impunité et de toute puissance, nourri par le soutien inconditionnel des Etats-Unis de Donald Trump et par la passivité de la communauté internationale.

Très inquiet d’une escalade dangereuse et meurtrière qui pourrait avoir des répercussions au sein même de la société française, nous en appelons au sens des responsabilités du président de la République pour qu’il s’engage fermement en faveur d’un déploiement d’une action diplomatique rapide et volontariste. L’urgence consiste aujourd’hui dans le soutien de l’ouverture d’une enquête internationale impartiale et dans la levée du blocus israélo-égyptien qui asphyxie la population de Gaza et qui empêche du même coup d’espérer en une paix durable.

N’ayant rien à attendre ni du côté du gouvernement israélien, ni de la communauté internationale, les Gazaouis ont peut-être intérêt à se tourner vers l’Egypte. Si Gaza semble vivre en «circuit fermé», elle demeure tournée vers l’Égypte, pays arabe exerçant une très forte influence au regard de liens historiques et de sa proximité géographique, culturelle, sociale et politique. Est-ce que pour autant le président Al-Sissi est prompt à faire un geste symbolique et stratégique fort en levant le blocus?

L’absence ou l’inefficacité de la solidarité arabe a nourri le sentiment d’abandon des Palestiniens (exprimé par cette interpellation populaire: «Wen Al-‘Arab?», où sont les Arabes?). Ce sentiment remonte aux guerres israélo-arabes de 1948 et de 1967, mais il est ravivé aujourd’hui par le rapprochement de grandes puissances arabes comme l’Arabie saoudite et de l’Egypte de la puissance coloniale israélienne…

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