La réforme du système éducatif est la mère de toutes les réformes

réformes Larbi

Hédi Larbi, ancien ministre de l’Equipement, de l’Aménagement du territoire et du Développement durable, a présenté aujourd’hui la nouvelle étude « Développement intelligent pour le Maghreb : réformes structurelles, nouveau rôle pour l’Etat, intégration régionale », et ce, lors d’un débat organisé aujourd’hui par le Maghreb Economic Forum (MEF) afin de susciter un riche débat autour des résultats de cette étude. 

Celle-ci est issue d’un projet de coopération avec le Programme Régional Politique Sud-Méditerranée de la Konrad-Adenauer Stiftung et le Maghreb Economic Forum, qui entreprend une analyse de la situation actuelle concernant l’économie régionale.

Les différentes trajectoires futures mises en évidence permettent de renforcer l’intégration et la prospérité au niveau régional.

De plus, l’étude transmet une vision globale des vingt prochaines années et identifie les domaines dans lesquels des réformes sont nécessaires, afin de trouver de nouvelles approches d’intégration et de croissance économique tout le long des côtes méditerranéennes.

Pourquoi les échanges économiques entre les pays maghrébins restent-ils faibles par rapport à l’Europe? En réponse à cette question, Hédi Larbi a précisé que le problème est lié à l’absence de volonté politique. Les économies maghrébines sont tombées dans de grandes crises depuis presque 35 ans et ne prospèrent pas.

Réformes : le mot-clé

Citant l’exemple de l’économie tunisienne, Hédi Larbi a fait savoir que la valeur ajoutée de l’industrie tunisienne n’a pas dépassé les 15% depuis 1995. «Il n’y pas de réflexion stratégique pour l’industrie tunisienne. Il faut augmenter la productivité globale. Tous les pays cités dans l’étude, à titre comparatif avec les pays maghrébins, ont fait des réformes et ouvert leur économie au secteur privé», dit-il.

Et d’ajouter qu’en Tunisie, on est incapable de faire les réformes parce qu’on n’a pas compris le rôle de l’Etat. Il y a comme une frilosité à ouvrir l’économie au secteur privé. Pour faire des réformes, il faut passer à l’action.

«Il ne faut pas arrêter de faire des réformes», dixit Hédi Larbi et ce processus est tout un chemin qui nécessite du courage politique et l’ouverture d’un débat public pour redéfinir et discuter le rôle de l’Etat, du secteur privé et de la société civile.

Sans secteur privé solide, il n’y aura pas de développement économique. Le rôle de l’Etat, c’est avant tout d’appliquer les lois et d’avoir le courage d’ouvrir la voie au secteur privé pour qu’il soit dynamique, entrepreneurial et compétitif.

Inquiet sur le retard enregistré en matière de transformation digitale, Hédi Larbi recommande de développer des avantages compétitifs pour repositionner et diversifier l’économie.

Une grande partie du débat a été consacrée à l’importance du système éducatif considéré comme étant la mère de toutes les réformes et l’urgence des urgences dans ce processus. Pour Hédi Larbi, le premier facteur pour engager la réforme du système éducatif est la qualité des enseignants parce qu’il y a un problème institutionnel et là il faut un programme de recyclage et de formation.

«La qualité du système éducatif est réduite à sa plus simple expression. Les universités ne sont pas indépendantes et elles ne sont pas capables de changer leurs programmes. Il faut libérer les initiatives», regrette M. Larbi.

Sur le plan social, le coauteur de l’étude n’a pas manqué de mettre l’accent sur la nécessité de s’étendre sur un agenda social avec des politiques sociales soutenables financièrement et pérennes.

Pour bien réussir les réformes, il faut, selon Hédi Larbi, définir les priorités et les appliquer et renforcer la gouvernance, notamment la lutte contre la corruption, comme valeur de société.

«La Tunisie est le seul pays arabe qui a cette chance d’engager ce débat parce qu’il y a une opportunité à saisir», a-t-il conclu.

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