A quoi bon prolonger le mandat de l’IVD?

L'IVD

L’appel à prolonger le mandat de l’Instance Vérité et Dignité a créé des tensions au sein des blocs parlementaires dans l’hémicycle de l’ARP. Une première étape dans le processus de justice transitionnelle a été franchie. Quatre ans après, les Tunisiens ont-ils vraiment connaissance de ce qu’est l’instance transitionnelle? Pardonner à qui et  quoi? Une réconciliation avec le passé, en toute transparence, sans manœuvres ni raccourcis préjudiciables à la vérité, serait-ce dans cette direction que l’on se dirige?

La séance parlementaire a été plus que tendue dans la journée du samedi 23 mars. Des députés n’ont pas hésité à en venir aux mains en plein hémicycle. Il est clair que la Tunisie post-révolution a pour objectif de construire un avenir démocratique.

Ahmed Souab, ancien juge près le Tribunal administratif, a rappelé que les parlementaires ont nui à leur image. Il précise à cet égard: « Ils sont responsables de cette image négative du Parlement, de la classe politique et des partis politiques. D’ailleurs,  cela s’est dégradé davantage depuis 2013. » Il ajoute: « Il y a une confusion générale entre l’IVD et la justice transitionnelle, alors que la justice transitionnelle c’est un concept qui manque d’exécution de la part de l’IVD. De ce fait, le mouvement Ennahdha a commis les mêmes erreurs qu’on a reprochées aux autres, en ne tolérant pas le jeu démocratique. » Et de poursuivre: « Rappelez-vous de ce qui s’est passé pour l’article 36 de la LF 2018 à propos de l’importation des produits turcs, les députés avaient quitté la séance. »

Selon lui, les partis politiques prétendent être démocrates, alors qu’ils ne le sont pas, que ce soit Nidaa Tounes, le Front Populaire, ce qui reste du CPR, Ettakatol, tous sans exception. Il a indiqué: « Nous avons une classe politique, surtout des blocs parlementaires irresponsables, étrangers à la culture démocratique. On doit tirer les conclusions de ces mascarades car ce que l’IVD a fait pour ce pays est une catastrophe. »

Par ailleurs, Bassel Torjeman, spécialiste du Maghreb arabe et des mouvements islamistes, est revenu sur ce qui s’est passé, en soulignant qu’il s’agissait d’un « échec annoncé au vu de la composition parlementaire, puisque les règles démocratiques n’ont pas réussi à imposer la culture parlementaire. »

« Cela fait quatre ans que la présidente de l’IVD n’a rien traité des 685 dossiers qui lui ont été soumis et elle n’a fait que diviser les Tunisiens et trouver des solutions à Slim Chiboub ou Imed Trabelsi. » Il conclut: « En somme, l’IVD est un échec du processus de la justice transitionnelle », a-t-il conclu.

Le Parlement réussira-t-il à mettre fin au mandat de l’instance ou non?

Par ailleurs, Larbi Chouikha, universitaire spécialiste des médias a souligné dans un post: « Non au lynchage de Sihem et d’autres personnages publics ! »


De son côté Hajer Ben Cheikh Ahmed, députée d’Afek Tounes, s’est adressée à Sihem Ben Sedrine, en ces termes: « Si vous aviez la moindre dignité, vous auriez démissionné ».

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