Nécessité d’accélérer la transformation numérique et digitale

«Les institutions postales au cœur de l’inclusion économique de l’Afrique», tel est le thème de la deuxième édition des rencontres avec les postes africaines, organisée, du 26 au 28 mars 2018 à Tunis, par Business France, Agence au service de l’internationalisation de l’économie française, en collaboration avec la Poste Tunisienne et l’Union panafricaine des Postes (UPAP).

Cet événement a réuni les hauts cadres et représentants des postes de 13 pays africains, à savoir la Tunisie, l’Algérie, la Libye, le Maroc, la Côte-d’Ivoire, Djibouti, le Gabon, la République démocratique du Congo, le Rwanda, le Soudan, le Congo, le Nigeria et l’Ethiopie, et ce, en présence d’Olivier Poivre D’Arvor, Ambassadeur de France en Tunisie, Djibrine Younouss, Secrétaire général de l’UPAP, Habib Debbabi, Secrétaire d’Etat à l’Economie numérique, Moez Chakchouk, PDG de la Poste tunisienne et Olivier Pradet, Directeur de Business France Tunisie.

L’objectif est d’échanger sur l’expertise et le savoir-faire en termes de transformation numérique dans le secteur postal.

Transformation numérique - postes

200 MDT alloués à la mise en place de l’infrastructure numérique en Tunisie

Prenant part à cette rencontre, Habib Debbabi a évoqué la nécessité pour la Tunisie d’opérer une refonte de son modèle économique, tout en favorisant la migration vers le numérique et la transformation digitale, mais aussi en libérant les énergies et les initiatives.

A cet égard, il a souligné que le gouvernement a mobilisé une enveloppe de 200 millions de dinars pour la mise en place de l’infrastructure numérique, qui devrait accompagner cette refonte du modèle économique, déjà lancée. Ce montant est destiné, selon ses dires, à la modernisation et la transformation des réseaux administratifs (administration, administrations judiciaires et les municipalités). Un nouvel opérateur spécialisé dans les infrastructures sera également mis en place.

D’autre part, le Secrétaire d’Etat a annoncé que la réussite de la transformation digitale nécessite la mise en œuvre d’un cadre juridique adéquat. C’est dans ce sens que les députés à l’ARP discuteront le projet de loi «Startup Act» qui cible la dynamisation et la libération davantage du potentiel entrepreneurial et vise à faire de la Tunisie une plateforme régionale des startup.

M. Debbabi a incité la Poste tunisienne et les postes africaines présentes à accélérer leurs transformations numériques et digitales, et ce, afin de pouvoir jouer plus efficacement leur rôle dans le développement économique de leur pays.

La Poste tunisienne adopte une nouvelle stratégie de modernisation

De son côté, Moez Chakchouk a déclaré que la Poste tunisienne entamera prochainement la concrétisation de sa nouvelle stratégie de modernisation élaborée dans le cadre d’un projet d’appui financé par l’Union européenne et mis en œuvre par l’agence de la coopération technique «Expertise France», en collaboration avec la Poste française, qui sera clôturé le 5 avril 2018.

Une fois concrétisée, cette stratégie permettra, selon ses propos, la réorganisation en interne de la Poste tunisienne, conformément aux exigences de la bonne gouvernance et du progrès technologique.

M. Chakchouk n’a pas manqué de rappeler que la Poste tunisienne est actuellement engagée dans la mise en œuvre de deux projets d’ordre stratégique, à savoir le projet «Easy Export», piloté par l’Union postale universelle et visant la facilitation des procédures d’exportation au profit des micro, petites et moyennes entreprises (MPME), et le projet «Ecom@Africa» relatif à la création d’une plateforme régionale du commerce électronique qui sera mise en exploitation dans une année.

La modernisation repose sur l’innovation, l’intégration et l’inclusion

Pour sa part, Djibrine Younouss a estimé que le secteur postal en Afrique est en pleine réflexion. Principal acteur économique, il voit son modèle historique remis en cause par les évolutions rapides d’un point de vue économique, réglementaire et environnemental.

Face à ces évolutions, l’objectif premier des postes africaines est, d’après M. Younouss, d’assurer une transformation progressive de leurs sociétés autour notamment des opportunités du numérique, pour faire converger réseaux physiques et numériques. En conséquence, le principal enjeu consiste en la réduction de la fracture numérique.

Il a précisé que cette transformation incite les postes africaines à renforcer l’efficacité de leur métier et à diversifier leurs offres de services de manière à tendre vers l’inclusion financière et économique et l’accélération du développement durable (technologies à faible émission de carbone, sources d’énergie renouvelables…), ainsi qu’à favoriser l’essor du e-commerce et de l’e-gov.

Au final, Djibrine Younouss a appelé les postes africaines présentes à adopter des stratégies de modernisation reposant sur trois vecteurs principaux, tels que l’innovation, l’intégration et l’inclusion.

 

 

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