Retour sur le discours du chef du gouvernement à l’ARP

Cour constitutionnelle

Le chef du gouvernement a-t-il réussi à convaincre? 

Pour Mohamed Trabelsi, ministre des Affaires sociales, il y a urgence à mettre en place les réformes qui s’imposent. Le ministre a rappelé la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté, notamment le plan d’action mis en place depuis le 13 janvier 2018 qui prévoit l’augmentation des allocations familiales de 20%. D’autres mesures ont été instaurées comme l’approbation d’une pension mensuelle de retraite minimum de 180 dinars. Dans ce sens, le ministre a déclaré que ce plan prévoit aussi de doubler les subventions qui toucheront 120 000 bénéficiaires et la mise en place d’une couverture sociale pour les personnes ayant perdu leur emploi. Une autre série de mesures en faveur des familles nécessiteuses a été décidée dont l’acquisition d’un logement à travers la création d’un fonds de garantie de prêts pour  logement au profit des citoyens sans revenus fixes.

Slim Besbes, ancien ministre des Finances de la Troïka et député du mouvement Ennahdha à la commission des finances à l’ARP, a rappelé qu’indépendamment du taux de croissance, il y a reprise de l’exportation, soit une légère amélioration. Tout en déclarant: « Mais cela n’empêche que la crise persiste encore au niveau des finances publiques, c’est à dire des déséquilibres au niveau de la caisse sociale et au niveau budgétaire. »

Selon lui, les déficits structurels nécessitent des réformes structurelles, notamment au niveau des réformes des caisses sociales. M. Besbes a fait remarquer que le gouvernement dispose d’une vision très claire, mais les défaillances se situent au niveau de la mise en place des réformes. Et de poursuivre : « Ces réformes constituent un défi majeur pour le gouvernement, pour rétablir les finances des caisses sociales. »

Evoquant le sort des entreprises publiques qui se trouvent en difficulté, il a souligné: « Ces entreprises constituent un fardeau pour le budget de l’Etat alors qu’elles auraient dû lui venir en appui. »

Pour Marouen Falfel, député du parti Machrou3 Tounes et membre de la commission des finances, le chef du gouvernement n’a pas réussi à convaincre. Tout en rappelant:  » Nous assistons au même discours, à savoir le même diagnostic annoncé par le chef du gouvernement. » Selon lui, la classe politique attend des réalisations concrètes et non pas des déclarations d’intention. Et de continuer: « On ne peut juger que sur des réalisations et non sur des discours. »

Pour Faouzi Charfi, dirigeant politique, le discours de Youssef Chahed est franc et réaliste. « En effet, les dix-huit derniers mois ont fait la différence sur le plan sécuritaire. C’est indéniable », dit-il.

Et de poursuivre: « La situation reste délicate. Il faut passer à l’action. Youssef Chahed s’est fixé un délai de rigueur pour l’adoption de la loi qui va solutionner l’épineuse question des caisses sociales. Attendons voir. Même si l’on ne peut s’empêcher de se demander pourquoi avoir attendu dix-huit mois pour réagir, est-ce une question de manque de courage? »

Evoquant la déclaration du chef du gouvernement à la fin de son discours: « Un homme d’Etat pense aux générations futures contrairement à un politicien qui pense aux élections » , M. Charfi a réagi en déclarant: « J’aurais applaudi sa déclaration s’il avait clairement annoncé qu’il renonce à se présenter aux prochaines élections présidentielles de 2019. »

Par ailleurs, Zihed Zgueb, membre du bureau politique du parti Afek Tounes, a qualifié le discours de Youssef Chahed de « déjà vu ». Il faut de l’audace, c’est ce qui manque à ce gouvernement. La preuve, le manque de clarté de la situation socio-économique persiste et signe. C’est décevant », a-t-il conclu.

La tenue des élections municipales était l’un de volets évoqués hier par le chef du gouvernement qui a assuré que les municipales se tiendront dans les délais fixés. Comment seront financés les conseils municipaux? Peut-on parler de gouvernance locale?

Riadh Mouakher, ministre des Affaires locales et de l’Environnement, a précisé que les municipales ne seront pas reportées et qu’elles seront organisées le 6 mai 2018. « Notre objectif est d’assurer la réussite du processus démocratique avec l’élection, pour la première fois dans l’histoire du pays, des élus à la tête des conseils municipaux. »

S’agissant de l’initiative lancée par le président de la République qui préconise la modification de la loi électorale, notamment le mode de scrutin actuel, le ministre pense que cette proposition concerne les élections législatives de 2019 et non pas les prochaines élections municipales.

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