ARP : Youssef Chahed défend son bilan

Qui ne veut pas organiser les élections municipales le 6 mai prochain ? C’est par cette question que le chef du gouvernement a ouvert son discours adressé aux députés de l’ARP lors d’une séance plénière tenue aujourd’hui. La réponse à cette question permet, selon le chef du gouvernement, de comprendre en partie ce qui se passe sur la scène politique.

Et d’ajouter : « Certains craignent la réussite du processus démocratique et les résultats des prochaines élections municipales. Ils aspirent au retour de la dictature. L’échec et le départ du gouvernement d’union nationale est l’ultime objectif de ces parties qui cherchent un paysage politique instable avec des partis faibles. Le gouvernement a pris toutes les mesures nécessaires pour assurer la tenue des prochaines élections parce qu’il est temps de mettre en place les pouvoirs locaux. La démocratie se concrétise dans un Etat de droit à travers les élections. Les prochaines élections municipales seront libres et transparentes ».

Le chef du gouvernement n’a pas manqué d’affirmer que le gouvernement demeure attaché au processus démocratique. Et de poursuivre que « les critiques envers le gouvernement sont légitimes parce que les Tunisiens ont droit d’évaluer ce gouvernement formé dans une situation économique très difficile. Mais l’évaluation de l’action gouvernementale doit être objective loin du populisme et des calculs partisans. L’avenir du pays et des futures générations est plus important que les intérêts des partis ».

Dans ce même contexte, le chef du gouvernement a rappelé que cinq mois après la formation du gouvernement d’union nationale, le pays a été attaqué à Ben Guerdane sans oublier les attaques terroristes. « Tous les pays sont confrontés à ces défis et dangers. C’est pourquoi, le gouvernement a donné la priorité à la lutte contre le terrorisme et la corruption. Nous saluons les succès de nos sécuritaires. Les réussites sécuritaires sont le résultat des politiques du gouvernement, mais il faut toujours être vigilant. Sans la stabilité et la sécurité, il n’y aura pas de croissance et d’investissement ».

Des dangers sur l’économie tunisienne persistent

Et comme prévu, le chef du gouvernement Youssef Chahed est revenu sur les mesures prises en matière d’impulsion des exportations, de l’agriculture, de l’artisanat, de simplification des procédures administratives. Ces mesures ont, selon le chef du gouvernement, donné des résultats encourageants.

Pour défendre son bilan, Youssef Chahed a avancé des chiffres relatifs au taux de la croissance qui a augmenté mais reste, selon lui, insuffisant, la baisse du Chômage, l’amélioration des indicateurs boursiers en 2017 (+14%), l’évolution de 40%  des exportations et l’amélioration du secteur du tourisme qui connaîtra en 2018 une augmentation  pour atteindre 8 millions de touristes avec actuellement un taux de réservation de 100% et une augmentation de + 25% de revenus touristiques.

Toutefois, le chef du gouvernement a souligné que malgré ces performances de la situation de l‘économie réelle, les difficultés et les dangers sur l’économie tunisienne persistent mais les indicateurs économiques seront au vert en 2019 parce qu’il faut du temps pour améliorer la situation.

Réformes urgentes

Pour le chef du gouvernement, le vrai problème est la situation de la finance publique. Là, il faut, selon le chef du gouvernement, engager des réformes et solutions structurelles que tout le monde attend notamment en matière de caisses sociales et de politique des subventions. Et le chef du gouvernement de considérer que son gouvernement est le premier à entamer ces réformes.  « Nous avons fixé une vision claire en matière des entreprises publiques, des subventions et des caisses sociales.  Les projets des réformes ont été fortement attaqués. Le pays ne peut plus supporter le coût de la non réforme.», dixit le chef du gouvernement.

Pour le chef du gouvernement, les réformes les plus urgentes sont celles relatives aux caisses sociales (CNSS et CNRPS) parce qu’il s’agit d’un système fondé sur la solidarité entre les générations et un acquis à préserver. « Un coût mensuel de 100 millions de dinars est dépensé pour couvrir le déficit des caisses sociales. Les entreprises publiques doivent 600 millions de dinars aux caisses sociales », précise le chef du gouvernement qui a annoncé que deux projets de loi relatifs à la réforme de la CNSS et de la CNRPS ont été présentés aujourd’hui aux députés de l’ARP.

Evoquant le dossier du déficit des entreprises publiques, Youssef Chahed n’a pas manqué de rappeler que ces entreprises, notamment celles qui sont dans des secteurs concurrentiels, sont confrontées à une situation financière difficile.  Cette situation n’implique pas nécessairement selon les dires du chef du gouvernement leur privatisation.

« L’Etat ne peut pas continuer à subventionner le déficit de ces entreprises qui ont accusé en 2016 des pertes d’environ 6500 millions de dinars. Le programme du gouvernement consiste à restructurer ces entreprises avec la préservation de la paix sociale, des acquis des salariés et des postes d’emploi », explique le chef du gouvernement.

Rappelant le rôle de l’Etat, le chef du gouvernement a souligné que l’Etat doit jouer le rôle de régulateur, renforcer le développement et assurer la sécurité sociale.

Ascenseur social en panne

Youssef Chahed a, dans ce contexte, mis l’accent sur la vision sociale du gouvernement axée sur l’amélioration des conditions des personnes à faibles revenus et des retraités, l’élargissement de la couverture sociale au profit des chômeurs, l’amélioration de la santé publique et le renforcement de l’aide aux familles tunisiennes pour acquérir des logements.

Le chef du gouvernement a également souligné l’importance de l’éducation dans le programme du gouvernement qui demeure sa priorité. Toutefois, il a reconnu que l’ascenseur social est en panne et que l’école de la République est aujourd’hui malade (faible infrastructure, manque au niveau cadre enseignant et des employés…). Ces manquements ont encouragé la violence, l’abandon scolaire et le phénomène du suicide.

Pour faire face à ces défaillances et anomalies dans le système éducatif tunisien, le chef du gouvernement a annoncé la création d’un fonds de 500 millions pour la maintenance des écoles, la révision de la carte des écoles primaires, la mise en place d’un système spécifique pour la formation des enseignants, la création de l’école de la deuxième chance, la révision du temps éducatif et la qualité des repas dans les cantines.  Et d’ajouter que la réforme du système éducatif doit prendre en considération la discrimination positive.

Finalement, Youssef Chahed a affirmé que son gouvernement a tout fait pour réformer et développer le pays. « La Tunisiens sont capables d’assurer un meilleur avenir. Il faut libérer les énergies. La guerre contre la corruption se poursuivra », a conclu Y. Chahed.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here