BCE:  » Je n’ai aucune intention de revoir la Constitution »

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Le 20 mars 1956, le jour de la commémoration de l’indépendance de la Tunisie certaines questions sont  à  poser. Qu’avons-nous réalisé soixante-deux ans après? Comme tous les ans, les dirigeants des partis politiques, quelques représentants de la société civile, femmes et hommes des médias se réunissent au palais présidentiel de Carthage pour commémorer cette journée.  

Les objectifs ont-ils été atteints? Quelle perception a le Tunisien de l’indépendance de son pays? Tels sont les différents sujets qu’a évoqués Béji Caïd Essebsi, président de la République, lors de son discours.

En premier lieu, il a rappelé que sur le plan économique, beaucoup reste à faire. « Même si nous avons instauré une démocratie. D’ailleurs, une grande majorité des dirigeants du monde, notamment les présidents américain, allemand et français témoignent que la Tunisie est un pays démocratique », a-t-il souligné. 

Il a ajouté: « Le monde nous observe et nous sommes fiers de ce que nous avons accompli, alors que les Tunisiens ne sont pas de cet avis », en citant certains sondages pour lesquels 79.7% des Tunisiens sont pessimistes.

Evoquant la comparaison (2010-2017) des indicateurs économiques, M. Essebsi a souligné que le taux d’endettement extérieur a presque doublé. En 2010, il était à 40%, aujourd’hui, il s’élève à 70%. Idem pour la dépréciation du dinar qui s’est accentuée. Quant à la production du phosphate, il constate qu’il est impératif de la relancer, car le temps est compté pour redresser l’économie du pays. Et de rappeler que durant les sept dernières années, la production de phosphate a essuyé une perte de 5 millions 100 tonnes.

Sur un autre volet, à savoir la mise en place des institutions constitutionnelles, il a fait remarquer qu’elles ont accusé du retard, l’élection des membres de la Cour Constitutionnelle en est un exemple. De ce fait, le Chef de l’Etat a souligné que les députés doivent trouver un consensus pour élire les membres qui sont de leur compétence lors de la plénière de demain à l’ARP. Tout en poursuivant: « Je suis quelqu’un qui respecte la Constitution et je n’ai aucune intention de la revoir. Il n’est pas interdit d’en débattre. Les spécialistes du droit pourront le faire. »

L’Accord de Carthage

Il a déclaré, à cette occasion, qu’il ne s’agit pas  de dresser le bilan du gouvernement, mais de remettre les pendules à l’heure: « Chacun de nous est responsable de sauver le pays. Cependant, même si certains ont préféré se retirer, nous n’allons pas tout de même rester les bras croisés sans rien faire. Cela dit, je demeure raisonnablement optimiste, car nous disposons de tous les acquis de réussite de la transition démocratique, à travers les compétences d’hommes et de femmes. »

Enfin, il a conclu: « Ce n’est qu’avec l’union et la volonté de toutes et tous, que nous pouvons relever les défis. Si nous pouvons avoir des différends sur certains points, cependant il ne faut jamais oublier qu’il y une différence entre l’important et l’essentiel. Cela doit être notre unique objectif. »

 

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