FMI – Algérie : les barrières non tarifaires aux importations créent des distorsions

Echanges commerciaux Déficit commercial

Une équipe des services du Fonds monétaire international (FMI) a examiné le dosage de mesures et de réformes engagées par les autorités algériennes pour rétablir l’équilibre macroéconomique et favoriser une croissance durable et inclusive à l’économie algérienne.

La mission du FMI a considéré que le nouveau dosage de politique économique algérienne à court terme est risqué et pourrait entraver la croissance et la création d’emploi.  « Les nouvelles mesures risquent d’aggraver les déséquilibres, accentuer les tensions inflationnistes et accélérer la perte de réserves de change. En conséquence, il se peut que l’environnement économique ne devienne propice ni aux réformes, ni au développement du secteur privé », lit-on dans le rapport de la mission du FMI. La mission est d’avis que l’Algérie a toujours une fenêtre d’opportunité pour concilier ajustement économique et croissance.

Et d’ajouter : « Quel que soit le dosage de politique économique des autorités, une masse critique de réformes structurelles est nécessaire pour promouvoir l’émergence d’une économie tirée par le secteur privé et diversifiée, et réduire ainsi la dépendance au pétrole et au gaz… ».

Pour accroître l’efficacité de la politique économique, les autorités doivent continuer à renforcer la gestion des finances publiques, d’améliorer l’efficience des dépenses publiques, ainsi que de renforcer le cadre prudentiel et le dispositif de préparation aux crises…la politique commerciale doit avoir pour objectif principal d’encourager les exportations plutôt que d’imposer des barrières non tarifaires aux importations, barrières qui créent des distorsions.

La mission du FMI a souligné que l’Algérie reste confrontée à des défis importants, posés de la baisse des prix du pétrole il y a quatre ans. En dépit d’un ajustement budgétaire important en 2017, les déficits budgétaire et du compte courant extérieur demeurent élevés.

Notons que face au choc pétrolier, les autorités algériennes ont œuvré à définir une stratégie de long terme pour refondre le modèle de croissance du pays, et ont pris un certain nombre de mesures pour améliorer l’environnement de l’entreprise, commencer à réformer les subventions à l’énergie, moderniser les outils de politique monétaire et autoriser l’émergence d’un marché des changes à terme.

Depuis la fin 2017, les autorités algériennes ont modifié leur stratégie macroéconomique à court terme. Pour stimuler la croissance et la création d’emplois, elles ont adopté un budget expansionniste pour 2018, dont le déficit sera financé principalement par la banque centrale, et ont renforcé les barrières à l’importation. Elles entendent reprendre la consolidation budgétaire à compter de 2019, en vue de rétablir l’équilibre budgétaire en 2022.

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