Entre l’UGTT et Chahed, le bras de fer…

Il est fort probable que les organisations syndicales, comme l’UGTT et l’UTICA, remettent en cause diamétralement le rendement du gouvernement d’union nationale. Ainsi, le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi, hausse le ton et lance un message en direction du chef du gouvernement, en déclarant: « Vous avez des droits, mais aussi des devoirs! »

Il souligne à cet égard: « Etre un politicien signifie que l’on a des obligations: présenter des résultats et des données positives. Cependant, tous les indicateurs que présentent le chef du gouvernement sont négatifs. Il est temps de dresser un bilan de la situation en général et trouver des solutions efficaces à une sortie de crise, car l’UGTT ne tolérera pas d’être un faux témoin de l’histoire. »

L’opposition a manifesté, quant à elle, son irritation. Souhail Alouini, député du bloc parlementaire Machrou3 Tounes a rappelé que l’UGTT est membre du Pacte de Carthage et a participé à toutes les étapes fondatrices de la République tunisienne. Il souligne même à cet égard: « Après la révolution, elle est un des piliers de la Tunisie moderne, comme représentante des travailleurs et c’est légitime qu’elle donne son avis sur la performance du gouvernement, particulièrement sur la situation économique du pays. »

Evoquant un éventuel remaniement ministériel en vue, M. Alouini  a souligné que la compétence en revenait au chef du gouvernement et à l’ARP. Il précise à cet égard: « Cela demande le respect de la Constitution et des institutions, ainsi que des protagonistes du Pacte de Carthage, même dans leurs déclarations. Et il est utile de rappeler que l’UGTT fait partie du dialogue national qui a contribué à finaliser la Constitution actuelle et a été récompnsée avec ses partenaires du prix Nobel de la Paix. » Selon lui, un dialogue économique et social s’impose avec les protagonistes politiques, sociaux et le gouvernement et pourquoi pas sous l’égide de l’ARP!

Quant à Yassine Brahim, le président du parti Afek Tounes estime que le gouvernement ne peut plus donner les résultats escomptés. Il déclare à cet effet: « Chez Afek Tounes, on a estimé que nous avons accordé suffisamment de chance au gouvernement actuel de prendre la bonne voie. Aujourd’hui, avec les choix faits dans le budget, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Je pense qu’on a toujours une alternative, on peut toujours faire mieux quand on a un mauvais résultat. Celui qui estime que ce n’est pas le cas, c’est son problème. Un gouvernement est jugé sur ses résultats et qui ne sont pas extraordinaires un an et demi. »

De son côté, Saïd Aïdi, président du parti Beni Watani, opte lui aussi pour un nouveau remaniement.  « En tout cas ce qui est sûr, c’est que nous avons le sentiment que ce gouvernement vit dans un autre pays que celui dans lequel on vit. Tous les indicateurs sont au rouge. Mais quand on regarde la dépréciation du dinar, le taux d’inflation, ce gouvernement continue pourtant à s’auto-glorifier. Il y a une nécessité de changement de politique et d’esprit de la classe politique« , a-t-il poursuivi.

Rappelons qu’il y a pas moins d’une semaine, le chef du gouvernement Youssef Chahed n’a pas mâché ses mots et a déclaré qu’il n’y avait pas de remaniement ministériel prévu à l’horizon, en réponse à des critiques émanant de l’UGTT. 

 

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