Bassin minier : et maintenant ?

Chahed Bassin minier

Que fera le gouvernement Chahed après avoir décidé de siffler la fin de la récréation concernant le blocage de la production des phosphates dans le bassin minier? Il faudra du reste y aller dans une conjoncture difficile.

Quelle est l’étape qui devra suivre les décisions, annoncées le 3 mars 2018 par le gouvernement Chahed, concernant le blocage de la production des phosphates, notamment celles qui consistent à «suspendre tous les processus de renforcement de l’emploi en cours dans la région et le gel des projets de recrutements programmés et de la proclamation des résultats des concours effectués, et ce, jusqu’à reprise, de façon durable, et au rythme habituel, de la production et du transport du phosphate»; et d’ «ordonner au ministre de la Justice de déclencher les poursuites contre toute personne ou partie qui s’est avérée responsable dans cet état de choses, à travers l’empêchement de la production ou du transport du minerai»?

Si nombre de Tunisiens n’ont pu qu’applaudir à la réaction du chef du gouvernement, qui se devait de faire respecter la loi, il est incontestable que Youssef Chahed sait que ses décisions ne peuvent valoir de l’intérêt que si elles s’inscrivent dans une œuvre visant à «améliorer la situation sociale et pousser le développement régional, en variant les mécanismes de travail».

Des problèmes récurrents

Comprenez que les récents faits et gestes du chef du gouvernement, marqués somme toute par une fermeté évidente, ne peuvent faire oublier que les problèmes qui ont engendré le blocage de la production dans le bassin minier de Gafsa restent entiers; et ce dans une région où la pauvreté et le chômage restent également entiers.

Il ne peut occulter, à cet égard, qu’il devra trouver des solutions à des problèmes récurrents qui occupent le devant de la scène sociale depuis une dizaine d’années. Et qui ont donné du fil à retordre à bien des gouvernements.

Le moment est sans nul doute le principal adversaire du gouvernement. Le pays est engagé dans une précampagne électorale pour les municipales du 6 mai 2018. Et on devine bien que bien des parties- et pas seulement des partis- pourraient bien mettre leur nez dans les tensions du bassin minier.

Solidarité gouvernementale?

Ne pas négliger également, à ce propos, que Youssef Chahed n’est pas sûr de pouvoir compter toujours sur la solidarité gouvernementale. Le pouvoir régional (Chapitre VII) prévu par la constitution vaut peut-être bien des défections. De toute manière, on en a vu d’autres. Des membres de partis de la coalition gouvernementale ont trouvé le moyen, dans un passé proche, de soutenir des revendications des manifestants contre les projets initiés par l’Etat.

Le moment est par ailleurs marqué par, le moins qu’on puisse dire, d’une «mésentente» avec l’Union générale tunisienne du travail (UGTT). En témoigne les récentes déclarations de son secrétaire général, Nourreddine Taboubi, dans lesquelles il a sévèrement critiqué le rendu de l’action gouvernementale.

Peut-on ne pas prendre en considération la force de mobilisation de ce syndicat bien implanté dans le bassin minier ? Et comme dit le dicton: «Si l’on peut en finir du passé avec l’oubli, on n’en finit pas de l’avenir avec l’imprévoyance.» (dixit Félicité Robert de Lamennais, homme politique et philosophe français).

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