Les municipales, quelles sont les craintes?

Confédération tunisienne des maires

Même si le Code des collectivités locales n’a pas été encore adopté, quels sont les enjeux des municipales? Rencontré lors de la remise des trophées des femmes entrepreneures, Saïd Aïdi, président du parti Beni Watani, a fait savoir que son parti a présenté neuf listes dans différentes circonscriptions : Le Bardo, Ariana, Sfax, Sousse, Bizerte, Menzel Bourguiba, Amdoun et Béjà.

Il précise à cet effet: « Même si on est à deux mois des municipales, ce serait  bien si le Code des collectivités locales était adopté d’ici là. Cela dit, outre l’adoption du code, des questions demeurent en suspens telles le financement des conseils municipaux, comment sera-t-il octroyé et par quels moyens? Ce sont autant de préoccupations qui taraudent les citoyens ». Il souligne: « Il faut travailler sur la citoyenneté et sur la crédibilité de l’action politique, qui signifient écouter les citoyens et ne pas leur faire de fausses promesses. »

Et d’ajouter: « Le danger c’est le clientélisme des deux partis au pouvoir Nidaa Tounes et Ennahdha. Et c’est là où il faut aussi une grande vigilance citoyenne pour consolider les acquis et redonner confiance aux citoyens et à cette jeunesse pour participer activement dans les communes. Il est important de nos jours de combattre le clientélisme des partis au pouvoir et il faut développer l’action de la citoyenneté. »

En théorie, la loi électorale impose l’adoption du Code des collectivités locales. Cependant, quel est son contenu et quelles sont les craintes qui y sont liées? Moez Attia, président de l’Association Kolna Tounes, a dressé un état des lieux du processus électoral, selon lequel le rapport de la commission parlementaire devrait déposer son rapport à la fin de cette semaine. Selon lui, il est important de revoir quelques amendements de certains articles, notamment les articles 193 et 255.

M. Attia précise à cet effet: « On voit qu’il y a vraiment une atteinte à l’autonomie administrative, surtout pour les collectivités locales qui seront sous pression suite à un rapport du gouverneur, et le ministre des Affaires locales peut dissoudre un conseil municipal sans avoir recours à la justice. »

Autrement dit, l’article 255 devrai être amendé, car il risque d’ y avoir quelques  points de litige sur l’élection du maire. Ce sont autant de problèmes qui doivent être résolus.

M. Attia a conclu: « J’espère qu’on aura un grand nombre de députés présents parce que c’est le projet de loi qui est le plus important après la Constitution de 2014. Malheureusement, ce projet de loi n’a été discuté que par 43% en moyenne des députés présents. »

 

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