Chut, laissez parler les «Boulitiques» !

handicapés

Fir, fir ! Cela veut dire invariablement sauve qui peut ou fuite en avant, c’est selon. Je ne sais pas, mais le scandale de maltraitance lié à l’affaire du Centre de protection des enfants de l’Ariana qui défraie en ce moment la chronique et mettant aux prises secteur privé et secteur public, me fait penser à ces deux joueurs de tennis qui se renvoient inlassablement la balle dans un mouvement de va-et-vient étourdissant, et pour les yeux et pour la tête, chaque partie rejetant sur l’autre la responsabilité des manquements, en clouant au pilori tous les arguments de défense.

Prenez un cercle, faites-le tourner, il devient vicieux. On ne peut mieux résumer une situation devenue ubuesque puisque ce n’est pas la première fois que cela arrive. La dernière chose à laquelle pensent nos honorables députés et nos politiciens chevronnés (sic), ce sont les handicapés de ce pays qui sont plutôt considérés comme un fardeau, plus qu’une richesse, qu’ils soient enfants ou adultes. Il semble qu’au même titre que nos personnes âgées en situation de détresse, on ait sciemment fait rater aux personnes handicapées le train de la révolution, ce qui peut évidemment choquer, même si on sait que le sens de la famille dans une société ou le «Vieux» et la «Vieille» ont toujours occupé une place à part, n’est plus ce qu’il était. Mais que voulez-vous, tout a changé dans le mauvais sens, ce que l’on peut déplorer.

Dindons de la farce d’une émotion accompagnée d’une indignation soudaine, circonstancielle et circonstanciée qui ne trompe plus personne. Un élan du cœur qui en fait, cache mal une hypocrisie ambiante qui ronge aussi bien la conduite des affaires de l’Etat que les relations sociales elles-mêmes. Responsables, mais pas coupables; une rengaine souvent entendue pour mieux enterrer la vérité. Une bonne vérité n’est-elle pas une vérité morte?

Objet de surenchère politicienne et stars d’un jour, les handicapés nature ou ceux qui le sont devenus. Après les feux de la rampe, l’anonymat ou presque, l’indifférence. On nous répète à satiété que tous les enfants de la patrie sont égaux et méritent de la nation, sauf qu’à besoins spécifiques, aménagements spéciaux, ce qui est loin d’être le cas, et pas besoin de chercher très loin: il suffit de regarder autour et vous verrez que les défaillances sont partout comme pour nous ramener à notre propre échec. On n’arrête pas de nous dire que ceux qui n’ont pas été gâtés sont dans les cœurs et dans les têtes; foutaise! Et si on reconnaissait plutôt que derrière cette énième affaire de santé publique, se cache la faillite de tout un système social?

Honteuse négligence et rafistolages inacceptables, alors que les besoins sont immenses et que les nécessités sont urgentes. Mais comment faire, quand l’urgence vous prévient qu’elle n’est plus disposée à attendre encore plus longtemps? Pourquoi se voiler la face? Nonobstant la glorieuse parenthèse des Jeux paralympiques où nos athlètes viennent se rappeler à notre souvenir et à notre mauvaise conscience, qu’avons-nous vraiment fait pour la cause du handicap dans notre pays?

Si le privé fait ce qu’il peut avec les dérapages que l’on connaît, c’est surtout l’Etat qui est à blâmer; un Etat toujours prompt à fermer un établissement quand il faute; un Etat toujours dans la sanction et jamais dans la prévention, dans la projection. Résultat, ce sont les personnes concernées et leur famille qui paient lourdement le prix de l’inconséquence. Alors que les municipales ne semblent intéresser personne parmi la population, à part des politiques pour qui l’handicap est le dernier des soucis.

J’ai entendu sur les ondes d’une radio, la présidente de l’Organisation tunisienne de défense des personnes handicapées déplorer le fait que rien n’a été prévu par l’ISIE pour permettre à cette population d’accomplir son devoir citoyen. Pourquoi s’en étonner, alors qu’on ne compte plus les pratiques discriminatoires qui frappent de plein fouet toutes les minorités du pays? Si l’handicap n’est pas assez lourd, on peut encourager la présence d’élus au sein des futurs conseils municipaux qui peuvent faire beaucoup de bien pour leur communauté; pour le reste, je trouve la démarche plus populiste qu’autre chose.

Une goutte dans un verre d’eau que cette affaire d’enfants- autistes violentés. On peut se réjouir que médias aidant, tout le monde se soit levé comme un seul homme pour dénoncer l’inacceptable, sauf que cela ne suffit pas. On peut même craindre qu’une fois l’émotion retombée, il faille attendre le prochain scandale pour voir l’opinion se remobiliser et repartir pour une énième indignation et les pouvoirs publics s’agiter en brandissant un énième projet de réforme du secteur.

D’ailleurs, ce regrettable épisode me rappelle le film Rain man de Barry Levinson, sorti sur les écrans en 1988, et où Dustin Offman était attendrissant et époustouflant de vérité dans son rôle de personne atteinte d’autisme en butte à toutes les difficultés, mais qui finit toujours par s’en sortir. Et si au bout du compte, l’autisme était cette maladie infantile que la révolution a apportée dans ses bagages? Rien de surprenant. Mais que nous disent les scientifiques à ce propos? Autiste, personne qui souffre d’un trouble du développement qui se caractérise notamment par une communication et une interaction anormales. Voilà qui a le mérite d’être clairement défini. Par extension, cela devient un déni de réalité. Je suis sur que vous êtes d’accord avec moi pour dire qu’on n’en est pas loin.

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