Municipales : quelles chances pour les listes indépendantes ?

Confédération tunisienne des maires

Moez Bouraoui, fondateur et ex-président de l’Association Tunisienne pour l’Intégrité et la Démocratie des Elections « ATIDE », revient dans une déclaration accordée à leconomistemaghrebin.com, sur le rôle des candidats indépendants aux prochaines municipales.

897 listes indépendantes se sont présentées aux élections municipales, d’après les données publiées par l’ISIE hier, 23 février, lors d’une conférence de presse tenue pour établir le bilan définitif des candidatures déposées. Par ailleurs, une question pourrait interpeller. Les listes présentées comme indépendantes, le sont-elles réellement ? Est-il possible qu’une liste indépendante soit financée et soutenue par un parti politique?  Moez Bouraoui soutient qu’un candidat, qu’il soit indépendant ou non, a des idées politiques. «Même si la loi ne l’interdit pas, j’ai du mal à imaginer qu’un indépendant, un vrai, accepte d’intégrer une liste partisane, alors que tous les sondages attestent d’une rupture de confiance entre les citoyens et les partis politiques. Mais ceux qui vont recourir à cette méthode vont en payer le prix fort, car il s’agit d’élections locales où les gens se connaissent et où les faux indépendants perdront, aux yeux de la population, leur crédibilité et ce quelle que soit leur compétence.

Quant aux partis politiques qui fabriquent de toute pièce des fausses listes indépendantes, il suffit d’imaginer la réaction des électeurs quand ils se rendront compte que les indépendants pour lesquels ils ont voté appartiennent en fait à un parti politique!!», assène-t-il.
«Toutefois, j’ai du mal à comprendre pourquoi des partis politiques recouraient à ce genre de pratiques pour des municipales. Cela peut se comprendre pour des législatives, afin de disperser les voix des électeurs. A l’heure actuelle, les partis politiques ont eu beaucoup de mal à réunir des listes pour les municipales. Alors quel intérêt pour eux de présenter des listes indépendantes surtout que cela va réduire leur chance de victoire en ce sens que toute liste qui récoltera moins de 3% de voix sera écartée?», s’interroge-t-il.
Moez Bouraoui étaye ses propos en ajoutant : «D’autant plus qu’une liste soi-disant indépendante écartée signifie pour le parti concerné une perte d’argent.»

Il ajoute : «Partout en Tunisie, tout le monde sait que les mouvements Ennahdha et Nidas Tounes ont inséré des « indépendants », même si on cherche à les présenter en tant que tels, la réalité est autre. Les citoyens savent bien que ces soi-disant indépendants ne sont autres que des partisans qui n’ont pas acquitté leurs droits d’adhésion à ces deux partis», affirme-t-il.

Enfin, pour les listes indépendantes qui se laissent infiltrer par des partis politiques pour accroître leurs ressources financières et leur chance de gagner, Moez Bouraoui explique que de «tels cas existent réellement et dans plusieurs communes y compris à La Marsa». «Cependant, nous savons très bien qu’elles ne sont pas indépendantes; ce sont en fait des listes infiltrées par des partis politiques en mal de popularité. Les circonscriptions électorales sont tellement petites qu’il est possible aux électeurs de les identifier très vite», conclut-il.

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