Comment lutter contre la fuite des cerveaux?

Elife - L'économiste maghrébin

En Tunisie, près de 95 000 compétences de haute valeur  ont quitté le pays à la recherche de meilleurs opportunités depuis les six dernières années.Tel est l’objet du séminaire organisé par l’Institut tunisien des études stratégiques ayant pour thème: “Transformation du management du capital humain”.

« Aujourd’hui, la Tunisie se trouve confrontée à une fuite des cerveaux sans précédent. Il est donc primordial de changer le discours pessimiste et créer des conditions de travail décentes”, affirme  Néji Jalloul, directeur de l’ITES.

 Poursuivant, en citant le leader Bourguiba : « La Tunisie a les moyens de rebondir car j’ai construit quelques chose de solide ».

D’autres voient la nécessité de mieux  gérer les ressources humaines, comme le rappelle Mohamed Ali Boughdiri, secrétaire général adjoint de l’Ugtt, en mettant l’accent sur  la mise en place d’un climat favorable à l’employabilité et à la création d’une stabilité dans ce sens. Il n’a pas manqué d’évoquer le chiffre alarmant de 650 000 chômeurs  dont 400 000 diplômés du supérieur.  Il précise : “ Fatalement, certains métiers sont appelés à disparaître pour laisser la place à de nouveaux ». 

Un autre chiffre  choc  concerne les médecins :  45% des médecins nouvellement inscrits à l’Ordre national (CNOM) ont quitté le pays en 2017, un chiffre qui va crescendo, s’alarme Najla Chérif Hamdi   qui suggère, pour lutter contre ce phénomène, de  revoir le Code du travail aussi bien pour les ingénieurs que pour les médecins, soulève Najla Chérif Hamdi, Directrice des Ressources humaines Tunisie, Maroc et Libye.   

De son côté, Anis Braham, le DRH d’Amen Bank, rappelle que le monde change à grande vitesse et que la génération Z – qui se réfère à ceux qui sont nés au milieu des années 1990 et qui ont grandi avec la technologie « au bout des doigts » (smartphones…), appelés aussi « génération silencieuse » n’est plus celle de la génération des années 80, 90 , du moment qu’on exige d’eux  qu’ils sortent de leur tour d’ivoire. Il précise:  » La nouvelle génération Z a une nouvelle exigence  en matière de négociation avec la révolution numérique ».

Accorder aux ressources humaines un cadre de travail épanouissant  qui contribue à minimiser la fuite des cerveaux. Pour Makli Akrem, vice-président de l’Association des professionnels en ressources humaines (APRH Tunisie), il soutient qu’il faut accorder aux RH un cadre de travail plus épanouissant, ce qui limitera la fuite des cerveaux. Le capital humain, ajoute-t-il,  peut donner un avantage concurrentiel en abordant les 4 axes stratégiques: -le talent management, – Le change management, -le marketing RH, –la neuroscience.

  Quelles sont les solutions ? 

Ghazi Ben Ahmed, président MDI, a conclu : « On doit miser sur la formation professionnelle pour le court terme, technologique, le big data, le gaming.  Sur le moyen-long terme, il faudrait adapter les cursus universitaires au marche tunisien. Ce qui va nous permettre non seulement de développer le pays mais aussi d’ être en phase avec la demande du marché ».

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