Transparence : la Tunisie 1ère au Maghreb et 5ème arabe

corruption en Tunisie - l'économiste maghrébin

Selon l’Indice 2017 de perception de la corruption, publié hier, par l’organisation  « Transparency International », la Tunisie est classée 1ère au Maghreb, 5ème arabe et 74ème mondiale sur un total de 180 pays, avec un score de 42/100.

«Tout en progressant sur certains fronts de la lutte contre la corruption, la Tunisie a connu un revers avec l’adoption d’une loi de réconciliation controversée. Malgré une forte opposition publique, cette loi accorde l’amnistie aux fonctionnaires corrompus qui ont servi sous l’ancien régime de Ben Ali», lit-on dans le rapport.

Au plan maghrébin, le Maroc occupe la 81ème place avec 40 points. Suivent l’Algérie classée 112ème avec 33 points, la Mauritanie 143ème avec 28 points et la Libye 171ème avec 17 points.

Au plan arabe, l’Etat des Emirats, le Qatar, l’Arabie Saoudite et le Sultanat d’Oman devancent la Tunisie. Les États arabes les moins performants de l’indice sont l’Irak, la Libye, la Somalie, le Soudan, la Syrie et le Yémen.

A l’échelle mondiale, la Nouvelle-Zélande est classée à la première place avec un score de 89 points, suivie du Danemark avec 88 points. La 3ème place est occupée par la Finlande, la Norvège et la Suisse avec un score de 85 points. Figurent à la dernière place la Somalie avec un score de 9 points. Le Sud Soudan occupe la 179ème avec 12 points et la Syrie la 178ème place avec 14 points.

Corruption dans la région MENA

L’Indice 2017 de « Transparency International » a démontré que, dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA), «la corruption reste endémique dans les Etats arabes, alors que les atteintes à la liberté d’expression, à la liberté de la presse et à la société civile continuent de s’aggraver».

Pour cette raison, 19 Etats arabes sur 21 ont obtenu un score inférieur à 50/100, reflétant les niveaux de corruption dans le secteur public. Il n’empêche qu’un certain nombre de pays arabes, à l’instar de la Tunisie, de la Jordanie et du Liban ont pris des mesures modestes mais positives afin de lutter contre la corruption et accroître la transparence et l’intégrité.

Néanmoins, la corruption persiste dans  ces pays et dans toute la région MENA avec des scores stagnants qui reflètent le défi de la corruption politique qui ravage la région.

Pour l’Egypte et le Maroc, la situation des droits de l’homme et les atteintes à la liberté d’expression et à l’engagement de la société civile se sont détériorées. Les lois contre le terrorisme et la cybercriminalité sont également utilisées par des gouvernements tels que la Jordanie et les EAU pour criminaliser la liberté d’expression sur Internet.

Pour les EAU et le Qatar, une gestion saine et efficace des finances publiques, une amélioration des marchés publics et un meilleur accès aux services publics et aux infrastructures sont les raisons pour lesquelles ces pays se classent plus haut sur l’indice que les années précédentes.

Quant aux pays arabes les moins performants de l’Indice 2017, ils souffrent tous de la faiblesse des institutions publiques, des conflits internes et d’une profonde instabilité.

Face à cette situation, « Transparency International » a recommandé de prendre des mesures à long terme pour établir des institutions transparentes et responsables, poursuivre les actes répréhensibles et permettre l’engagement et la participation des citoyens. Elle a également recommandé de promouvoir la participation de la société civile, protéger les activistes et les journalistes, en exposant et en combattant la corruption, mettre un terme à la dissidence politique.

En conclusion, le rapport a souligné que «sans une réforme sérieuse, la corruption continuera à prospérer, exacerbant encore l’instabilité politique et économique de la région MENA et entravant son développement social et économique».

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