Violence dans les stades : lamentable football

football tunisienPhoto facebook Etoile Sportive du Sahel

On se demande, à chaque fois que des incidents font toucher à notre football le fond de la médiocrité, si tout cela peut s’arrêter un jour. La réponse- faut-il le préciser- est toujours la même : la guerre du football est omniprésente. Elle fait partie de notre paysage footballistique. Mais, attention un désastre peut vite arriver.

Nombre de Tunisiens craignent aujourd’hui que chaque match de football de notre championnat national ne se transforme et dégénère. Pour ne pas dire plus.

La journée du jeudi 15 février 2018, et à l’occasion de ce qu’on appelle le «Classico» entre l’Espérance Sportive de Tunis (EST) et l’Etoile Sportive du Sahel (ESS), les choses se sont bel et bien gâtées.

Un communiqué rendu public par le ministère de l’Intérieur  annonce que 38 agents de l’ordre ont été blessés par des supporters de la rencontre; ils ont été admis au Centre des grands brûlés de Ben Arous et à l’hôpital des Forces de Sécurité Intérieure de la Marsa.

Des supporters bien remontés

Un véritable gâchis, d’autant plus que seuls les supporters de l’EST- faut-il le rappeler- étaient admis à suivre le match. On se demande du reste comment auraient évolué les choses si ceux de l’ESS étaient présents au stade de Radès qui a accueilli la rencontre?

Sur la pelouse, et si les choses se sont passées à peu près correctement, il y a eu néanmoins des moments difficiles pour le football tunisien. Avec, notamment, trois cartons rouges. Et des jets de pierres et des détériorations des équipements du stade de Radès.

Dimanche 18 février 2018, au stade olympique de Sousse, et à l’occasion du match ESS-Etoile Sportive de Métlaoui (ESM), la tension était vive dans les rangs des Etoilés qui ont estimé avoir été lésés par l’arbitre de la rencontre du jeudi, Karim Khemiri. Du reste, sanctionné par la Fédération Tunisienne de Football (FTF), il a été suspendu, le soir même, jusqu’à la fin de la saison.

Pour calmer les supporters bien remontés de l’ESS, mais sans doute aussi pour renforcer leur colère: ils peuvent penser, et au vu du résultat de la rencontre du 18 février 2018, entre le Club Africain (CA) et l’EST (2-1), que leur club étoilé avait encore une chance de remporter le championnat.

Une plainte aux instances internationales du football

Un délégué du club sahélien a affirmé à la télévision, au cours du match ESS-ESM, que son association comptait présenter une affaire à la justice pour «corruption» et s’adresser aux instances internationales du football pour les fautes d’arbitrage du match du jeudi.

La veille, le 17 février 2018, le stade de Gabès avait connu un envahissement de terrain et des scènes de panique ponctuées de rixes entre les joueurs de deux clubs de la même ville, le Stade Gabèsien (SG) et l’Avenir Sportif de Gabès (ASG).

N’est-ce pas trop pour un match de football ? D’autant plus que le football tunisien est loin d’être un long fleuve tranquille. On se souvient d’un certain ESS-EST du dimanche 26 novembre 2017 lorsqu’un match de football a tourné au vinaigre. Nous avions titré le papier consacré au compte rendu du match «La horde sauvage».

Et on se demande, chaque fois que notre football touche le fond de la médiocrité, si tout cela peut s’arrêter un jour. La réponse -faut-il le préciser- est toujours la même : la guerre du football est omniprésente. Elle fait partie de notre paysage footballistique.

Avec, et si on laisse toujours faire sans réagir énergiquement, la possibilité de vivre un véritable cataclysme qui peut venir à tout moment. A-t-on oublié, à ce titre, les dégâts d’une rencontre entre l’ESS et l’EST (1961-1962) suite à laquelle l’Etoile a été dissoute?

Ou encore un match EST-Club Sportif  Sfaxien (CSS) de la saison 1969-1970 quand le club tunisois a été également dissous après une victoire des Sfaxiens. Les supporters ont là aussi fait mal à des biens publics ou privés.

Et les incidents du match Olympique de Béja (OB)-Est, au stade Boujemaa Kmiti, un 15 juin 1999 : trois supporters ont trouvé la mort et une dizaine a été blessée.

Plus proche de nous, la rencontre CA (CA)-Paris Saint-Germain (PSG) du 6 janvier 2017 n’a pas été facile à vivre : un policier a été grièvement blessé au cours d’une bataille rangée entre supporters clubistes.

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Publié le 19/02/2018 à 14:44

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